L’Afrique du Sud a rejeté les accusations d’isolement diplomatique liées à sa politique migratoire, assurant que l’approche du président Cyril Ramaphosa s’inscrit dans le respect de la Constitution, de l’État de droit et de la coopération avec les pays africains.
S’exprimant mercredi à Prétoria, le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, a dénoncé ce qu’il a qualifié de « campagne persistante » visant à présenter l’Afrique du Sud comme un État paria à la suite des récentes manifestations contre l’immigration clandestine.
Selon lui, cette campagne occulte les condamnations répétées du gouvernement contre les actes de justice privée visant les migrants et déforme la position diplomatique de Prétoria.
« Cette campagne a cherché à donner l’impression que l’Afrique du Sud est désormais un État paria », a-t-il déclaré.
M. Magwenya a affirmé que la stratégie du président Ramaphosa en matière d’immigration irrégulière privilégie la coopération avec les États voisins et un dialogue sur les causes profondes des migrations, notamment les difficultés économiques et sécuritaires qui poussent des populations à quitter leur pays.
Il a insisté sur le fait que Prétoria ne se considère pas supérieure aux autres pays africains et estime que les défis migratoires concernent l’ensemble du continent, appelant à des réponses concertées plutôt qu’à des approches conflictuelles.
L’Afrique du Sud connaît depuis plusieurs mois une montée des tensions anti-migrants, certains groupes accusant les étrangers en situation irrégulière de peser sur les services publics et d’alimenter la criminalité. Ces manifestations ont parfois dégénéré en violences, intimidations et pillages, suscitant l’inquiétude de plusieurs gouvernements africains et d’organisations de la société civile.
Le gouvernement sud-africain rappelle toutefois que l’application des lois sur l’immigration relève exclusivement des autorités de l’État et condamne toute forme de violence contre les ressortissants étrangers.
Le porte-parole a également rejeté les affirmations selon lesquelles les tensions avec des pays comme le Ghana et le Nigéria traduiraient un isolement diplomatique. Il a assuré que les échanges avec les dirigeants africains se poursuivent dans les cadres bilatéraux, au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et lors de visites d’État.
Sur le plan économique, Vincent Magwenya a soutenu que l’image de l’Afrique du Sud auprès des investisseurs demeure solide, citant les récentes rencontres entre le président Ramaphosa et de grandes entreprises internationales. Il a, en outre, mis en garde contre les appels à nationaliser les actifs des sociétés sud-africaines implantées dans d’autres pays africains, estimant qu’une telle mesure porterait préjudice aux économies de la région.
Enfin, il a indiqué que le gouvernement avait élaboré un plan de lutte contre l’immigration clandestine fondé sur les voies légales, après des consultations avec les chefs traditionnels, les entreprises, les syndicats et d’autres acteurs nationaux.
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