À la veille des premiers votes indicatifs du Conseil de sécurité, l’Ouganda intensifie sa campagne en faveur de la candidature de l’ambassadeur Olara Otunnu au poste de secrétaire général des Nations Unies, en mettant en avant son expérience diplomatique et sa vision d’une ONU revitalisée.
L’Ouganda a intensifié mercredi sa campagne diplomatique en faveur de la candidature de l’ambassadeur Olara Otunnu au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), à vingt-quatre heures des premiers « straw polls », les votes indicatifs organisés à huis clos par le Conseil de sécurité.
Le ministère ougandais des Affaires étrangères a affirmé que cette candidature réaffirme « l’engagement de l’Ouganda en faveur d’un multilatéralisme efficace, inclusif et réactif ».
Le secrétaire permanent du ministère, Vincent Bagiire Waiswa, a déclaré que son pays était « honoré de présenter un éminent homme d’État dont des décennies d’expérience en diplomatie, en consolidation de la paix et en gouvernance internationale le positionnent idéalement pour diriger les Nations Unies ».
Présentant sa vision, Olara Otunnu a appelé à une ONU revitalisée, fondée sur la paix et la sécurité, les droits humains et le développement durable. « Le prochain secrétaire général devra restaurer et renforcer l’autorité morale de cette fonction grâce au dialogue, à la recherche du consensus et à un leadership fondé sur des principes », a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la prévention des conflits, de promouvoir une gouvernance équitable de l’intelligence artificielle, d’accélérer l’action climatique et d’améliorer les mécanismes de financement du développement durable.
« Le secrétaire général est au service des peuples du monde. Les défis liés à la paix, au développement, au changement climatique, à la technologie et à la dignité humaine sont des préoccupations collectives qui exigent des solutions collectives », a ajouté le diplomate ougandais.
Le gouvernement ougandais avait officiellement annoncé cette candidature dimanche, mettant en avant le parcours d’un diplomate ayant consacré plus de quarante années aux Nations Unies, à l’administration publique, au monde universitaire et à la société civile.
Olara Otunnu a notamment été secrétaire général adjoint des Nations Unies et premier représentant spécial du secrétaire général pour les enfants et les conflits armés entre 1998 et 2005. À ce poste, il a contribué à inscrire la protection des enfants affectés par les conflits au cœur des travaux du Conseil de sécurité et à la mise en place du mécanisme de surveillance créé par la résolution 1612 adoptée en 2005.
Kampala rappelle également qu’il a été représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations Unies de 1980 à 1985 et président du Conseil de sécurité en décembre 1981. Il est présenté comme l’initiateur de la « formule Otunnu », un système de vote officieux utilisé depuis lors dans le processus de désignation du secrétaire général de l’organisation.
Cette offensive diplomatique intervient à la veille d’une étape décisive du processus de sélection. Jeudi 30 juillet, les quinze membres du Conseil de sécurité entameront les premiers « straw polls », des consultations informelles destinées à mesurer le niveau de soutien dont bénéficie chacun des candidats. Ces votes, au cours desquels les membres du Conseil peuvent encourager, décourager ou rester neutres à l’égard d’une candidature, constituent la première véritable sélection politique avant les tours de scrutin ultérieurs.
La succession d’António Guterres, dont le mandat expire le 31 décembre 2026, prend une dimension de plus en plus africaine. L’ancien président sénégalais Macky Sall figure également parmi les candidats officiellement enregistrés. Lors de la « Réunion publique des Nations Unies : le prochain secrétaire général », organisée la semaine dernière au siège de l’organisation à New York, il a défendu sa vision d’une ONU « réformée et plus efficace ».
Sa candidature, présentée par le Burundi le 2 mars 2026, bénéficie désormais du soutien officiel du Sénégal. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé le « plein soutien » de Dakar et chargé le gouvernement ainsi que le réseau diplomatique sénégalais d’en assurer la promotion auprès des États membres.
La procédure de désignation est encadrée par la résolution 79/327 adoptée par l’Assemblée générale en septembre 2025, qui met l’accent sur la transparence et l’inclusivité. Après les auditions publiques et les dialogues interactifs, le Conseil de sécurité devra recommander un candidat à l’Assemblée générale pour la désignation finale.
Avec l’entrée d’Olara Otunnu dans cette phase cruciale, deux personnalités africaines sont désormais engagées dans la compétition pour diriger les Nations Unies, dans un contexte marqué par les conflits armés, les défis climatiques, les transformations technologiques et les tensions géopolitiques croissantes.
AC/Sf/APA







