Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a appelé jeudi les Nations unies à mieux prendre en compte les réalités du Burkina Faso et du Sahel, demandant aux organisations partenaires de « dire au moins la vérité » sur la situation dans les Etats.
« A défaut de nous féliciter, que les organisations partenaires disent au moins la vérité sur ce qui se passe dans nos Etats », a déclaré le chef de la diplomatie burkinabé lors d’un entretien avec l’Envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU, Sahle-Work Zewde.
L’ancienne présidente éthiopienne est en visite de travail au Burkina Faso. Sa mission porte sur l’évaluation des actions du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), basé à Dakar.
Selon Mme Zewde, cette mission vise à recueillir les appréciations des autorités burkinabè sur les interventions des agences onusiennes. Les conclusions doivent contribuer à éclairer les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU et les futures modalités de collaboration avec le Burkina Faso.
M. Traoré a salué cette démarche. Il a toutefois appelé à des réformes de l’organisation internationale.
« Nos organisations, se fondant sur des principes, font des mauvais diagnostics et se nourrissent de faux rapports », a-t-il affirmé, estimant que cette situation conduit à « des mauvaises solutions et à des échecs ».
Le ministre a également défendu les choix politiques des régimes militaires au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger, réunis au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Selon lui, l’arrivée des militaires au pouvoir répond à des « frustrations » et à une priorité donnée à la sécurité plutôt qu’à l’organisation d’élections.
« Si nos dirigeants étaient intéressés par le pouvoir, ils auraient pu après les coups d’Etat organiser rapidement des élections », a-t-il déclaré.
Il a également dénoncé le manque de reconnaissance des progrès réalisés, selon lui, par les pays de l’AES.
« On peut ne pas nous féliciter, mais dites au moins ce qui est juste et vrai dans nos pays », a martelé M. Traoré.
Il a appelé l’ONU à adapter son accompagnement aux choix souverains des Etats et à renforcer son rôle de proximité et de diplomatie préventive.
La visite de Mme Zewde doit permettre de formuler des recommandations sur l’adaptation des méthodes de travail de l’UNOWAS aux réalités de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel.
Ho/Sf/APA







