Le gouvernement sénégalais a apporté, jeudi, son « plein soutien » au magistrat Abdoulaye Seye, substitut du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), visé par des sanctions financières et une interdiction de visa décrétées par les États-Unis mardi.
Dans un communiqué publié à l’issue d’un conseil des ministres, le chef de la diplomatie sénégalaise a fermement condamné les menaces de sanctions financières à l’encontre du magistrat Abdoulaye Sèye, les qualifiant « d’atteinte au principe de l’indépendance de la justice et au droit des magistrats de la Cour d’exercer librement leur mandat ».
Ces sanctions, imposées par l’administration Trump, ciblent également la présidente de la CPI, la Japonaise Tomoko Akane, pour leur rôle dans des enquêtes impliquant des ressortissants d’États non membres de la Cour, notamment Israël et les États-Unis eux-mêmes.
« L’exercice, en toute indépendance, de fonctions judiciaires au sein d’une juridiction internationale ne saurait donner lieu à des pressions », a souligné le gouvernement de Dakar, qui réaffirme son « attachement indéfectible au multilatéralisme et au respect du droit international ».
Le Sénégal, qui compte désormais deux de ses magistrats, Mame Mandiaye Niang et Abdoulaye Seye, dans le collimateur de Washington, a appelé à privilégier « le dialogue et le respect mutuel ».
Le gouvernement a également indiqué qu’il poursuivrait ses concertations avec ses partenaires africains et internationaux pour « préserver l’intégrité, l’indépendance et le fonctionnement effectif de la CPI ».
Cette prise de position intervient alors que la CPI elle-même a dénoncé mardi des sanctions qui « sapent l’État de droit », tandis que plusieurs pays, dont le Tchad et le Vénézuela, ont récemment annoncé leur intention de se retirer de la juridiction de La Haye, une tendance encouragée par Washington.
ARD/Sf/APA







