Plus d’une semaine après l’attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie à Fauzi Al-Mansouri, chef du renseignement militaire de l’Armée nationale libyenne, aucune arrestation n’a encore été annoncée, malgré la forte pression exercée sur les autorités pour identifier les responsables.
Aucune arrestation n’a été officiellement annoncée après l’assassinat, le 10 août à Benghazi, du général de brigade Fauzi Al-Mansouri, chef du renseignement militaire de l’Armée nationale libyenne (ANL) commandée par le maréchal Khalifa Haftar. L’officier avait été tué dans l’explosion d’une voiture piégée alors qu’il quittait une mosquée après la prière du soir, selon le commandement de l’ANL.
L’armée de l’est avait immédiatement dénoncé un « acte lâche et criminel », sans fournir d’indications sur l’identité des auteurs ou leurs motivations. Plus d’une semaine après l’attaque, aucune autorité n’a fait état publiquement de l’interpellation d’un suspect. L’absence d’avancée annoncée maintient une forte pression sur les services chargés de l’enquête, compte tenu du rang de la victime et du caractère particulièrement sensible de ses fonctions.
L’affaire a désormais dépassé le cadre des autorités de l’est libyen. Mardi, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, Hanna Tetteh, a condamné l’assassinat et réclamé une enquête approfondie ainsi que la traduction en justice de ses auteurs. Cet appel intervient dans un contexte marqué par plusieurs incidents sécuritaires dans différentes régions du pays.
L’assassinat de Fauzi Al-Mansouri constitue un épisode particulièrement préoccupant pour l’appareil sécuritaire contrôlé par Haftar. L’ANL exerce son autorité sur l’ensemble de l’est libyen ainsi que sur une large partie du sud. Une attaque visant un responsable de premier plan de son renseignement militaire à Benghazi soulève ainsi des interrogations sur la capacité des dispositifs de sécurité à prévenir des opérations ciblées contre de hauts responsables.
L’attentat intervient également à un moment où les acteurs libyens et internationaux tentent de relancer le processus de réunification des institutions militaires et politiques. Les récents affrontements dans l’ouest, les attaques de drones contre le complexe pétrolier de Zawiya et plusieurs assassinats ont accru les préoccupations concernant une nouvelle détérioration sécuritaire.
En l’absence d’arrestation annoncée ou d’éléments officiels sur les commanditaires, l’enquête reste donc entourée d’incertitudes. Son issue constitue désormais un test pour les autorités de l’est, soumises à une pression croissante pour établir les responsabilités derrière l’une des attaques les plus sensibles ayant récemment frappé leur appareil sécuritaire.
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