La lauréate du prix Nobel de la paix Navi Pillay a dénoncé les sanctions imposées par l’administration américaine de Donald Trump contre la Cour pénale internationale (CPI), estimant qu’elles constituent une ingérence illégale dans les activités d’une juridiction internationale indépendante.
Ancienne Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ex-juge de la CPI, la lauréate du Nobel de la paix, Navi Pillay a appelé le président américain à consulter ses conseillers juridiques afin de mieux comprendre les principes du droit international.
« Faites appel à vos conseillers juridiques pour qu’ils vous expliquent ce qu’est le droit international », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse (AFP), interrogée sur le message qu’elle souhaiterait adresser à Donald Trump.
Elle a également insisté sur le caractère, selon elle, illégal de toute tentative visant à entraver le fonctionnement d’une cour internationale indépendante.
Ces déclarations interviennent après l’annonce de sanctions américaines destinées à fragiliser les activités de la CPI, notamment par des restrictions susceptibles d’affecter ses systèmes bancaires et technologiques. Leur mise en œuvre est prévue dans un délai de six mois.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la campagne menée par l’administration Trump contre la juridiction basée à La Haye. Des responsables américains ont notamment promis de démanteler la Cour « brique par brique », à la suite de la délivrance d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour des crimes présumés liés à la guerre à Gaza.
Les mesures américaines marquent une nouvelle escalade dans les tensions entre Washington et la CPI. Les États-Unis ne sont pas parties au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour, et plusieurs administrations américaines ont régulièrement contesté les enquêtes susceptibles de concerner des ressortissants américains ou ceux de pays alliés.
Les défenseurs des sanctions reprochent à la CPI d’avoir outrepassé ses prérogatives en intervenant dans des affaires impliquant des États non parties au Statut de Rome. À l’inverse, ses partisans estiment que ces mesures menacent l’indépendance de la justice internationale et compromettent la lutte contre l’impunité pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide.
Navi Pillay a par ailleurs dénoncé ce qu’elle considère comme une politique de deux poids, deux mesures de la part de Washington. Elle a notamment souligné le contraste entre le soutien apporté par de précédentes administrations américaines au mandat d’arrêt de la CPI contre le président russe Vladimir Poutine et leur opposition aux enquêtes visant Israël.
Selon l’ancienne juge, l’administration Trump chercherait avant tout à obtenir des garanties empêchant la Cour d’enquêter sur des citoyens américains ou sur ceux de certains pays alliés.
JN/lb/te/Sf/APA





