L’Association nigériane des mineurs et commerçants de pierres précieuses (GMAN) appelle le gouvernement fédéral à faciliter les exportations, à renforcer la lutte contre la contrebande et à encourager la transformation locale, afin de porter le potentiel commercial du secteur à 3 milliards de dollars.
Le président de GMAN, Adeniran Ajibade, a souligné que le Nigéria disposait d’importantes ressources en pierres précieuses de haute qualité, réparties dans les différentes régions du pays. Leur extraction est principalement assurée par des mineurs artisanaux et des exploitants à petite échelle.
S’exprimant en marge de la 11e édition de la Semaine minière du Nigéria, organisée autour des stratégies de développement des chaînes de valeur minières, il a estimé que le secteur pouvait générer près de 3 milliards de dollars d’échanges commerciaux, accroître les recettes en devises et favoriser la création d’emplois pour les jeunes.
Dans un entretien accordé mercredi à Abuja à l’Agence de presse du Nigeria (NAN), Adeniran Ajibade a indiqué que la GMAN avait mené une étude de référence sur les ressources en pierres précieuses dans le nord et le sud du pays. Cette étude confirme leur large répartition géographique.
Selon lui, les pierres précieuses nigérianes bénéficient déjà d’une reconnaissance sur plusieurs marchés internationaux, notamment à Tucson, Bangkok, Hong Kong, en Israël et en Inde. Toutefois, le manque de mécanisation et la faiblesse des capacités de transformation locale limitent encore la valorisation de ces ressources.
Le président de la GMAN a également dénoncé l’ampleur de la contrebande, qui prive le pays d’une partie des revenus générés par le secteur et complique l’évaluation de sa contribution réelle à l’économie nationale.
Il a ainsi plaidé pour un accompagnement public en faveur des études de faisabilité, de la transformation locale et du développement des marques nigérianes. Ces mesures permettraient d’améliorer la qualité des produits, d’accroître leur valeur ajoutée et de renforcer leur compétitivité sur les marchés internationaux.
« Dès lors que nous leur ajoutons de la valeur et développons leur image de marque, nous pouvons assurément obtenir d’excellents résultats pour le pays », a-t-il affirmé.
Adeniran Ajibade a par ailleurs réaffirmé la disponibilité de son association à collaborer avec les pouvoirs publics et les investisseurs privés pour dynamiser la filière et attirer des marques internationales spécialisées dans les pierres précieuses et la joaillerie.
Dans cette perspective, la GMAN travaille avec l’Association thaïlandaise des négociants en pierres précieuses et en bijoux, ainsi qu’avec des partenaires au Brésil, en Inde et au Sri Lanka. Cette coopération vise à favoriser le partage d’expertise et à faciliter l’accès aux marchés internationaux.
Le responsable a également appelé le gouvernement à associer les professionnels du secteur à l’élaboration des réglementations sur les exportations. Il estime que les mineurs et les négociants sont les mieux placés pour identifier les obstacles qui entravent leurs activités.
Il a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place des procédures simples, transparentes et efficaces permettant aux acheteurs internationaux opérant légalement d’acquérir des pierres précieuses au Nigéria, de rapatrier leurs fonds et d’exporter leurs achats dans un cadre réglementaire clair.
Enfin, le président de la GMAN a demandé la mise en service complète du Centre international des pierres précieuses construit par le gouvernement fédéral à Ibadan. Cette infrastructure devrait devenir un pôle de référence pour les mineurs, les négociants, les investisseurs et les acheteurs, contribuant ainsi au développement de la filière et à une meilleure valorisation des ressources nationales.
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