Le Parlement européen a adopté, Le 10 février 2026, un texte modifiant profondément le régime d’asile de l’Union européenne en inscrivant officiellement le Maroc sur une liste commune de «pays d’origine sûrs» : les demandes d’asile des ressortissants marocains à l’UE seront désormais présumées peu fondées, sauf preuve contraire par le requérant.
Selon le nouveau texte sur le régime l’asile de l’UE, le Maroc figure avec six autres pays (Bangladesh, Colombie, Égypte, Inde, Kosovo et Tunisie) sur la « short list » des pays d’origine jugés sûrs par le Parlement européen, adopté par 408 voix pour, 184 contre et 60 abstentions. Cette qualification implique que les États membres de l’UE pourront accélérer le traitement et le rejet des dossiers d’asile marocains, car il reviendra au demandeur de démontrer qu’il craint réellement des persécutions graves ou un préjudice important s’il est renvoyé chez lui.
Cette règle, issue du futur Pacte européen sur la migration et l’asile, entrera en vigueur le 12 juin 2026 après publication officielle.
Concrètement, selon les données européennes les plus récentes, 25 347 demandes d’asile de ressortissants marocains ont été déposées en 2024 dans l’UE — principalement en Italie (41 %) et en Espagne (17 %), suivies par la Slovénie (14 %). Les hommes représentaient une écrasante majorité des demandeurs (plus de 90 %), et près des trois quarts des requérants avaient entre 18 et 34 ans.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de réforme européenne de l’asile, qui vise à standardiser les procédures de traitement des demandes et à renforcer les contrôles. En faisant du Maroc un pays d’origine sûr, l’UE entend limiter les candidatures perçues comme non fondées, réduire les délais d’examen et faciliter les déplacements ou retours vers le pays d’origine.
Pour les demandeurs d’asile marocains, cela rend plus difficile l’obtention d’une protection en Europe : le traitement des recours sera plus rapide et les chances d’acceptation statistiquement plus faibles qu’auparavant, un phénomène déjà observé dans plusieurs États membres qui appliquaient déjà ce type de classification avant l’uniformisation européenne.
Les autorités européennes présentent ces mesures comme une réponse à la pression migratoire, mais des critiques de droits humains soulignent que la désignation de pays comme « sûrs » pourrait entraver l’accès à une protection réelle pour les personnes fuyant des situations difficiles, en particulier si les voies légales d’asile sont restreintes ou si le droit au recours effectif est limité.
MK/AK/Sf/APA






