La visite du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Alger doit marquer la relance de la coopération économique entre les deux pays après plusieurs années de tensions diplomatiques. Si les autorités algériennes mettent en avant un partenariat appelé à s’élargir à de nouveaux secteurs, plusieurs défis structurels pourraient limiter les ambitions affichées.
L’énergie demeure le principal pilier de la relation bilatérale entre Alger et Madrid qui relancent la coopération bilatérale. L’Algérie reste un fournisseur majeur de gaz naturel de l’Espagne grâce au gazoduc Medgaz et aux exportations de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette dépendance aux hydrocarbures souligne toutefois la faible diversification de l’économie algérienne, dont les recettes extérieures restent largement tributaires des exportations d’énergie et de l’évolution des cours internationaux.
A l’heure de la visite du Premier ministre espagnol Pédro Sànchez à Alger, les autorités des deux pays évoquent désormais une coopération dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert. Mais ces projets demeurent, pour l’essentiel, au stade des intentions. Leur concrétisation nécessitera des investissements importants, un cadre réglementaire stable et une capacité d’exécution que plusieurs observateurs jugent encore insuffisante en Algérie, où de nombreux projets industriels ont connu des retards ou des révisions.
La coopération envisagée dans l’agriculture, les technologies numériques et l’intelligence artificielle intervient également dans un contexte marqué par des contraintes internes. Malgré d’importants programmes publics, l’Algérie continue de dépendre largement des importations alimentaires et fait face à des défis liés à la productivité, à la gestion de l’eau et à l’attractivité de son environnement des affaires.
Le réchauffement des relations avec Madrid intervient par ailleurs sans modification de la position espagnole sur le Sahara occidental, à l’origine de la rupture diplomatique de 2022. Pour plusieurs analystes, cette normalisation traduit avant tout un retour au pragmatisme économique, alors que l’Algérie cherche à attirer davantage d’investissements étrangers et à diversifier une économie encore fortement dépendante des hydrocarbures. Les résultats de ce rapprochement dépendront désormais moins des déclarations politiques que de la capacité des deux pays à transformer leurs annonces en projets concrets.
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