Le président de la Chambre des représentants marocaine a exhorté vendredi 12 décembre à Rabat les dirigeants parlementaires africains à adopter des positions claires et unies contre le terrorisme, le séparatisme et la criminalité transnationale, qu’il considère comme des freins majeurs au développement du continent.
Le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi El Alami, a appelé les responsables des institutions législatives africaines à condamner fermement « l’alliance du terrorisme et du séparatisme », lors de l’ouverture de la troisième session de l’Assemblée générale de la Conférence des chefs d’institutions législatives africaines, tenue à Rabat. Il a également exhorté à prendre des positions résolues contre les planificateurs, les financiers et les auteurs de ces phénomènes, ainsi que contre toutes les formes de criminalité transnationale organisée.
Dans son allocution, Talbi El Alami a souligné que l’Afrique continue de supporter « le plus lourd tribut » en matière de conflits, de crises et de dilemmes, au premier rang desquels figure le terrorisme. Selon lui, ses répercussions dévastatrices ont entraîné le déplacement et l’exil de millions de personnes, provoquant un arrêt du développement et privant des générations entières de leur droit à l’éducation. Cette situation, a-t-il averti, expose le continent au risque d’une « ignorance structurelle » susceptible de rompre toute communication avec le reste du monde.
Évoquant les paradoxes africains, le président de la Chambre des représentants a rappelé que le continent dispose de plus de 60 % des terres arables mondiales et d’abondantes ressources en eau, tout en demeurant fortement dépendant de l’extérieur pour son alimentation.
L’Afrique dépense ainsi plus de 100 milliards de dollars par an pour importer près de 80 % des produits alimentaires dont elle a besoin, a-t-il indiqué, tout en faisant face à des défis majeurs dans la fourniture de services sociaux essentiels tels que l’éducation, la formation, la santé et la protection sociale. À cela s’ajoutent, selon lui, des déficits persistants en infrastructures de base, notamment les routes, les chemins de fer, les transports et la gestion urbaine.
Il a toutefois estimé que le continent est en mesure d’inverser cette équation, à condition qu’existe une volonté politique collective forte. Il a appelé à passer d’une logique de gestion des crises à une approche fondée sur leur résolution et leur prévention, insistant sur la nécessité de rompre avec les mentalités et les stratégies du séparatisme et avec toute forme d’ingérence dans les affaires intérieures des États. « Le respect de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale constitue la pierre angulaire du système international et des relations internationales », a-t-il martelé.
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