Le plateau éthiopien alimente en grande partie les crues estivales du Nil bleu, essentielles à l’approvisionnement en eau de l’Égypte. Les premières projections climatiques ont suscité des interrogations sur le niveau attendu de la crue, mais le ministre égyptien des Ressources hydriques et de l’Irrigation, Hani Sewilam, affirme qu’aucune conclusion scientifique ne peut encore être établie.
Selon le ministre, les prévisions météorologiques restent évolutives et le bilan ne pourra être dressé qu’à la fin de la saison des pluies, généralement vers la fin août. Le Comité égyptien des apports du Nil suit quotidiennement les débits et adapte les scénarios de gestion en fonction des volumes effectivement observés.
Les premières données font apparaître une situation contrastée. Les débits du Nil bleu au cours des deux premiers mois de la crue sont inférieurs à la moyenne, tandis que les apports du Nil blanc enregistrés entre mars et mai ont dépassé leur niveau habituel. Les autorités assurent préparer plusieurs hypothèses afin de garantir l’approvisionnement du pays quelles que soient les conditions hydrologiques.
Le Haut-Barrage d’Assouan et les réserves du lac Nasser restent le principal instrument de protection de l’Égypte contre les variations des crues. Leur capacité à amortir une éventuelle période sèche dépendra néanmoins de la durée de celle-ci et des futurs apports du fleuve. Le Caire souligne également les incertitudes liées à l’absence d’un accord contraignant sur le remplissage et l’exploitation du Grand barrage éthiopien de la Renaissance ( GERD), ainsi qu’à l’instabilité au Soudan.
Le spécialiste des ressources hydriques Abbas Sharaky estime que les indicateurs disponibles ne permettent pas d’annoncer le début d’un cycle prolongé de sécheresse. Il rappelle que le bassin du Nil connaît une alternance naturelle de périodes humides et sèches, citant la sécheresse de 1981 à 1987, suivie par la forte crue de 1988.
La pression hydrique égyptienne demeure cependant structurelle. La disponibilité annuelle est passée de plus de 2 000 mètres cubes par habitant au début des années 1970 à environ 500 mètres cubes actuellement, sous l’effet de la croissance démographique. Face à la variabilité climatique, les experts appellent à rationaliser les usages, renforcer la résilience du système hydrique et développer les ressources en eau non conventionnelles.
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