La Côte d’Ivoire a commémoré, ce jeudi 30 juillet 2026, la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes. Placée sous le thème « Piégés derrière l’escroquerie », cette édition met en lumière la convergence croissante entre le trafic d’êtres humains et la cybercriminalité, un défi majeur pour le pays.
Réunis à Abidjan sous l’égide du ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, les acteurs nationaux et internationaux ont tiré la sonnette d’alarme. Face à l’évolution des technologies, les réseaux criminels exploitent désormais la vulnérabilité des populations à travers des outils numériques.
« Derrière de fausses offres d’emploi, de prétendues opportunités de voyage, des promesses de formation ou encore des annonces diffusées sur les réseaux sociaux se cachent souvent des réseaux criminels organisés », a dénoncé la ministre Mys Belmonde Dogo.
La ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Mys Belmonde Dogo, a rappelé que cette criminalité moderne expose les victimes au travail forcé, à l’exploitation sexuelle ou à la mendicité.
Les chiffres traduisent l’urgence de la situation. Citant le rapport annuel 2025 du Comité national de lutte contre la traite des personnes (CNLTP), Joseph Dück, représentant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a révélé que 429 victimes de traite ont été forcées de participer à des escroqueries financières ou à des recrutements déceptifs. Cela représente plus de 40 % de l’ensemble des victimes recensées sur l’année.
Face à ce fléau, la ministre a affirmé que la protection des plus vulnérables constitue un « impératif » pour le développement de la nation. La Côte d’Ivoire a ainsi inscrit cette lutte au cœur de son Programme d’investissement public et de son Plan national de développement (PND) 2026-2030.
Le cadre juridique et les mécanismes de répression ont été renforcés pour traquer fermement les trafiquants. Cependant, les défis restent de taille. Mys Belmonde Dogo appelle à accentuer la sensibilisation en ligne, à muscler les enquêtes sur la cybercriminalité et à mobiliser l’ensemble de la société : familles, médias et entreprises du numérique.
Les partenaires internationaux ont réitéré leur soutien à l’État ivoirien. Alexandre Foulon, directeur pays d’Expertise France, et Barthélémy Ekra, représentant de l’ONUDC, ont tous deux insisté sur la nécessité d’une coopération régionale et transfrontalière pour démanteler les réseaux criminels.
Pour l’ONUDC, la feuille de route repose sur quatre piliers stricts : prévenir l’exploitation, protéger les victimes, poursuivre les trafiquants et démanteler les réseaux pour garantir la dignité humaine.
AP/Sf/APA





