Nouveau rebondissement dans l’affaire judiciaire qui secoue le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, opposition). Alors que le tribunal devait rendre sa décision ce jeudi 30 juillet 2026, le juge a finalement décidé de rabattre le délibéré et de rouvrir les débats.
Le rabat du délibéré initialement fixé au 30 juillet et la réouverture du procès de Tijane Thiam, est une décision technique qui vise à joindre cette procédure à une autre cause similaire, afin d’éviter des décisions contradictoires. Les militants du PDCI devront encore attendre quelques semaines pour connaître le verdict du tribunal.
À l’issue de l’audience de ce jeudi, Me Luc Adjé, avocat de Tidjane Thiam, s’est exprimé devant la presse pour expliquer la portée de cette décision. Selon la défense, le tribunal a estimé qu’il n’était pas opportun de statuer immédiatement.
En cause, une seconde procédure quasi-identique initiée par un autre plaignant, M. Siaba, reposant sur les mêmes moyens juridiques. « La jonction de ces deux dossiers participe de la bonne administration de la justice », a soutenu Me Luc Adjé.
L’avocat a précisé qu’en droit processuel, lorsqu’un juge est saisi de plusieurs procédures lancées à des dates différentes mais partageant un objet commun, un défendeur commun et des demandes identiques, il est correct de rassembler tous les dossiers pour rendre une seule et unique décision.
« Quand vous prenez les deux assignations, elles sont identiques. Naturellement, cela a été fait par la même personne », a-t-il fait observer. La partie plaignante conteste la légitimité de l’élection de Tidjane Thiam à la tête du parti.
La partie plaignante reproche à Tidjane Thiam, ex-CEO de Crédit Suisse, de ne pas respecter les statuts du PDCI, qui stipulent qu’il faut avoir siégé pendant dix ans au Bureau politique pour être éligible à la présidence de la formation politique.
La défense de Tidjane Thiam conteste fermement la recevabilité de cette action, affirmant que le plaignant ne remplit pas toutes les conditions requises pour ester en justice contre le PDCI. Au-delà du débat technique, Me Luc Adjé a tenu à mettre en garde contre les dérives de ce feuilleton judiciaire.
« Le gros problème, c’est quand on commence à judiciariser la vie privée des partis politiques », a déploré l’avocat, avertissant que cette situation pourrait demain frapper n’importe quelle autre formation.
« Le juge n’est pas là pour gérer la vie d’un parti politique », a-t-il conclu. Les débats sont donc relancés, prolongeant l’attente autour de l’avenir institutionnel du principal parti d’opposition.
AP/Sf/APA







