Les présidents des deux pays annoncent la relance de la commission mixte algéro-égyptienne, dans un contexte régional en recomposition.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune s’est entretenu par téléphone, jeudi, avec son homologue égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, a indiqué la présidence de la République algérienne dans un communiqué.
Les deux chefs d’État ont échangé sur la situation régionale et ses répercussions sur leurs pays respectifs, tout en réaffirmant leur volonté commune de renforcer la coopération bilatérale.
Selon la même source, les deux présidents ont évoqué « les relations profondément enracinées » entre Alger et Le Caire, héritées de la période des luttes de libération et du panarabisme des années 1960. Ils ont convenu « d’intensifier ces relations pour les étendre à tous les niveaux de coopération » et d’organiser « dans les plus brefs délais » la prochaine session de la Grande commission mixte algéro-égyptienne, gelée depuis plusieurs années.
Ce rapprochement intervient alors que l’Algérie cherche à élargir son cercle d’alliés arabes face à son isolement croissant sur plusieurs dossiers régionaux. Les divergences avec le Maroc, la méfiance persistante avec la Tunisie et les tensions latentes avec les puissances du Golfe poussent Alger à réactiver ses partenariats historiques. Le Caire, de son côté, voit dans cette relance bilatérale un moyen d’accroître son influence maghrébine et d’obtenir un appui politique sur certains dossiers africains et méditerranéens.
La présidence algérienne souligne que cette coordination s’inscrit « au service des intérêts communs des deux peuples frères ». Toutefois, aucune annonce concrète n’a été faite concernant de nouveaux accords économiques, énergétiques ou sécuritaires. Les précédents mécanismes de coopération entre Alger et Le Caire, notamment dans les domaines militaire et culturel, n’ont guère produit d’avancées notables ces dernières années.
Lors de cet entretien, Abdelmadjid Tebboune a félicité Abdel Fattah Al-Sissi pour l’élection de l’Égypte à la présidence de l’UNESCO, saluant « une reconnaissance renouvelée à un grand État à la culture millénaire ». Le ton, très protocolaire, illustre la volonté d’Alger de soigner ses relations avec Le Caire, tout en affichant une posture de solidarité arabe dans un contexte régional marqué par les crises en Libye, au Soudan et à Gaza.
Mais au-delà du langage diplomatique, cette communication traduit surtout la recherche d’un équilibre : l’Algérie tente de restaurer son rôle de médiateur régional, tandis que l’Égypte consolide ses alliances dans le monde arabe et africain. Le véritable test de ce rapprochement viendra de la capacité des deux pays à transformer les discours de fraternité en projets tangibles.
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