Le Sénégal et Unitaid veulent approfondir leur coopération dans la production locale de produits de santé et le transfert de technologies, avec un accent particulier sur le diagnostic, la santé maternelle et néonatale, l’accès à l’oxygène médical et le renforcement du système pharmaceutique national.
Le ministre sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique a échangé avec une délégation d’Unitaid conduite par l’Ambassadrice de France pour la Santé mondiale et présidente du Conseil exécutif de l’organisation, en présence du Directeur exécutif d’Unitaid et de son équipe.
La rencontre s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat déjà engagé autour du site diaTROPIX de l’Institut Pasteur de Dakar, soutenu notamment par Unitaid et FIND. Cette plateforme produit actuellement environ 75 millions de tests diagnostiques par an, d’abord développés pour répondre à la pandémie de Covid-19 et désormais destinés notamment aux autotests de dépistage du VIH.
Cette capacité industrielle fait de diaTROPIX l’un des sites africains disposant d’une importante capacité de production de tests diagnostiques et illustre les possibilités de développement de chaînes de valeur sanitaires sur le continent.
À cette occasion, le ministre a renouvelé les remerciements du gouvernement sénégalais à Unitaid pour son appui à la souveraineté sanitaire africaine et au développement des capacités régionales de fabrication. Il a également exprimé l’intérêt du Sénégal pour l’élargissement de ces transferts de technologies à d’autres produits de santé prioritaires.
Les discussions ont également porté sur les principales orientations de la Stratégie nationale de transformation du système de santé 2025-2034, fondée notamment sur le principe d’alignement autour d’« un Plan, un Budget et un Rapport », ainsi que sur plusieurs leviers structurants, dont la Delivery Unit, les données et la recherche-développement.
Parmi les priorités présentées figurent l’amélioration de la gouvernance du secteur par sa digitalisation, la diversification de l’offre de soins et l’amélioration de sa qualité, ainsi que la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile.
La stratégie accorde également une place importante à la souveraineté pharmaceutique, au renforcement de la maturité réglementaire de l’Autorité de réglementation pharmaceutique (ARP), à la prévention et à la promotion de la santé, notamment à travers l’approche « La santé dans toutes les politiques », la nouvelle politique de santé communautaire et le renforcement des soins de santé primaires.
L’adoption de l’assurance maladie obligatoire figure également parmi les axes structurants de cette transformation du système sanitaire.
De nouvelles pistes de collaboration et de co-construction ont par ailleurs été identifiées dans le cadre de la nouvelle stratégie d’Unitaid, centrée sur l’accès à des innovations de qualité.
Elles portent notamment sur l’élargissement du transfert de technologies à d’autres produits de santé prioritaires, l’exploration de nouveaux domaines d’intervention d’Unitaid, notamment la santé maternelle et néonatale et l’accès à l’oxygène médical, ainsi que l’appui au renforcement de l’Autorité de réglementation pharmaceutique.
Les deux parties souhaitent également favoriser la valorisation de la production locale sur les marchés régionaux de l’UEMOA et de la CEDEAO, afin de contribuer à l’émergence d’une industrie sanitaire africaine plus intégrée et moins dépendante des importations.
À travers ce partenariat, Dakar entend consolider les capacités nationales et régionales de production de biens de santé, tout en renforçant la résilience des systèmes sanitaires face aux crises et aux ruptures d’approvisionnement.
TE/Sf/APA





