Face aux attaques coordonnées qui ont ébranlé le Mali samedi, le Sénégal et la Mauritanie ont été parmi les premières voix de la sous-région à se lever pour exprimer leur solidarité avec Bamako, dans un contexte où le Front de libération de (FLA) revendique la prise de Kidal et appelle au renversement de la transition.
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a condamné « avec la plus grande fermeté les attaques terroristes perpétrées contre la République sœur du Mali », exprimant « au nom du peuple sénégalais et en son nom propre » la solidarité de Dakar envers le gouvernement malien, les Forces de défense et de sécurité ainsi que le peuple malien tout entier. « Le Sénégal restera constant aux côtés du Mali pour œuvrer ensemble, avec les pays de la sous-région, à la restauration de la paix et de la sécurité dans notre espace commun », a-t-il déclaré.
Nouakchott exprime sa solidarité fraternelle
Dans un communiqué publié ce dimanche, le ministère mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’extérieur a indiqué suivre « avec une vive inquiétude les développements récents en République sœur du Mali ». Le gouvernement mauritanien a exprimé « sa solidarité totale avec le Mali frère en ces circonstances difficiles », réaffirmant « son souci permanent de la sécurité et de la stabilité » du pays et ses efforts constants pour « l’instauration de la paix dans toute la région ». Nouakchott a réitéré ses « liens de fraternité et de bon voisinage » avec Bamako, souhaitant au Mali de « surmonter cette épreuve dans les plus brefs délais ».
Ces deux réactions rejoignent celle de l’Union africaine, dont le président de la Commission, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné fermement les attaques et réaffirmé l’engagement « constant et indéfectible » de l’organisation en faveur de la paix au Mali et dans la région sahélienne.
Le JNIM revendique des frappes au cœur de l’État malien
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda au Sahel, a revendiqué dans un communiqué diffusé sur ses canaux de propagande les attaques coordonnées menées samedi. Le mouvement affirme être responsable de l’attaque contre la résidence du président Assimi Goïta, le siège du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, ainsi que l’Aéroport international Modibo Keïta de Bamako. Il revendique également des assauts contre les positions militaires de Kati et affirme avoir pris « le contrôle total » de Mopti ainsi que de plusieurs positions à Sévaré et Gao. Dans son communiqué, le JNIM évoque également la présence de « mercenaires russes » aux côtés de l’armée malienne et indique vouloir « neutraliser la partie russe dans le conflit » en échange d’une cessation des hostilités contre leurs positions.
Le FLA revendique Kidal et appelle au changement politique
De son côté, le Front de libération de l’Azawad (FLA) a revendiqué dans un communiqué signé par son porte-parole Mohamed Elmaouloud Ramadane la prise de « contrôle total de la ville de Kidal », menée en coordination avec le JNIM. Seule subsisterait « une petite poche de résistance résiduelle composée de mercenaires russes de l’Africa Corps et quelques militaires maliens retranchés dans l’ancien camp de la MINUSMA ». Le FLA affirme également avoir participé aux attaques contre les positions militaires à Gao.
Dans un passage particulièrement offensif, le mouvement appelle les autorités russes à « reconsidérer leur engagement aux côtés de la junte » et se déclare « ouvert à toute convergence de stratégies » visant un « changement politique mettant fin à la gouvernance actuelle », qu’il considère comme « un obstacle majeur à toute solution politique crédible et inclusive ».
L’armée malienne affirme contrôler la situation
L’état-major malien a annoncé la neutralisation de « plusieurs centaines de terroristes » et indiqué qu’une « vaste opération de ratissage » est en cours à Bamako, Kati et dans les autres localités touchées. « La situation est totalement sous contrôle », assurent les autorités, qui appellent la population à la vigilance. Les transports publics restent paralysés dans la capitale, où des forces spéciales sont déployées en patrouille.
Couvre-feu à Bamako
En réponse à la dégradation sécuritaire, le gouverneur du district de Bamako a instauré samedi un couvre-feu de 72 heures, de 21h à 6h du matin, reconductible si nécessaire. Dans la région de Gao, le couvre-feu déjà en vigueur a été ramené à partir de 19h30 jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure à Bamako constitue un précédent rare : le dernier remontait au confinement sanitaire de mars 2020 lors de la pandémie de Covid-19. Plusieurs autres régions du pays — Kayes, Ségou, Dioïla — appliquaient déjà des couvre-feux instaurés ces derniers mois face à la dégradation continue de la situation sécuritaire. L’aéroport de Bamako a été fermé durant la journée de samedi, et plusieurs ambassades ont appelé leurs ressortissants à rester à l’abri.
AC/Sf/APA







