Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a appelé les États africains à régler leurs différends sur les ressources naturelles et les fleuves transfrontaliers par le dialogue plutôt que par la confrontation, lors d’une réunion de l’Union africaine à New Alamei
Le chef de l’État égyptien a souligné à ses homologues des pays africains que la coopération en matière de gestion des fleuves transfrontaliers doit reposer sur le droit international, la consultation et la coordination, le bon voisinage, ainsi que le principe de non-préjudice.
« Nous pouvons atteindre le bien-être et la prospérité de nos peuples lorsque les intentions sont sincères, que le dialogue prévaut, et que nous respectons le principe du bénéfice mutuel », a-t-il déclaré.
Selon lui, les relations entre pays africains doivent se fonder sur le respect mutuel et de bonnes relations de voisinage, ainsi que sur le dialogue et la concertation, loin des politiques unilatérales ou des intérêts étroits.
Il estime que « les questions transfrontalières doivent être traitées comme des sujets qui appellent la coopération, et non la compétition, et le dialogue, et non la confrontation ».
Dans son discours le président égyptien a appelé à accélérer l’intégration économique et commerciale du continent africain, notamment à travers la mise en œuvre complète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Al-Sissi a insisté sur « le développement des infrastructures et la mise en place de mécanismes de financement durables pour les projets de développement en coopération avec les institutions financières africaines », selon le communique présidentiel.
Il a souligné que l’intégration continentale était devenue « un choix stratégique et une nécessité urgente » pour surmonter les défis auxquels l’Afrique est confrontée.
Il a notamment appelé à renforcer les chaînes d’approvisionnement et les corridors logistiques, ainsi qu’à développer et interconnecter les réseaux de transport et d’énergie à travers le continent.
Le message du dirigeant égyptien intervient dans un contexte régional particulièrement fragile, marqué par de fortes tensions entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du grand barrage de la Renaissance sur le Nil (GERD), que Le Caire considère comme une menace existentielle pour ses ressources en eau.
Abdel Fattah al-Sissi a défendu une approche fondée sur le dialogue, la coopération et la recherche d’intérêts partagés, estimant que la gestion des ressources africaines ne devrait pas devenir un nouveau facteur de confrontation entre les États du continent.
L’Égypte a inauguré le 2 octobre l’Alamein-Africa Forum, premier sommet économique de ce type, réunissant plus de 20 chefs d’État et de gouvernement ainsi que 1 500 officiels africains autour de projets d’infrastructures et d’intégration économique continentale.
Abdel Fattah al-Sissi a également coprésidé, aux côtés du président angolais João Lourenço, le sommet des pays fondateurs de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD).
En marge de la réunion de coordination de l’Union africaine, le président égyptien devait par ailleurs recevoir le même jour ses homologues érythréen, Issaias Afwerki, somalien, Hassan Cheikh Mohamoud, et le chef du Conseil de souveraineté soudanais, Abdel Fattah al-Burhane, pour des consultations distinctes sur les dossiers régionaux.
AK/Sf/APA



