L’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont engagé des discussions en vue de définir un nouveau cadre pour leurs relations, a annoncé lundi à Bamako le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga.
Le chef du gouvernement malien annonce de nouvelles discussions entre la Cédéao et les autorités de l’AES, alors qu’il s’exprimait à l’ouverture de la cinquième réunion des ministres de l’Industrie et du Commerce, consacrée au renforcement de l’intégration économique entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Selon Abdoulaye Maïga, les discussions engagées avec la Cédéao renforcent la nécessité pour les trois pays de poursuivre la construction d’un espace économique intégré. Aucun calendrier ni détail sur le contenu du futur accord n’a toutefois été communiqué à ce stade.
La rencontre de Bamako réunit notamment des ministres et des représentants du secteur privé autour de plusieurs dossiers liés à l’intégration économique. Les échanges portent sur la circulation des personnes, des biens et des services, la levée des obstacles au commerce, l’attractivité des investissements et l’harmonisation des règles applicables aux entreprises.
La mise en place d’une centrale d’achat commune ainsi que la création d’un observatoire du climat des affaires figurent également parmi les initiatives examinées.
Des échanges encore limités
Le Premier ministre malien a relevé le faible niveau des échanges commerciaux entre les trois pays de l’AES.
Citant les données de surveillance commerciale de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour la période 2021-2022, il a indiqué que les échanges intra-AES s’élevaient à 351,6 milliards de francs CFA, représentant 17,09 % du commerce des trois pays avec les autres États membres de l’Union.
Sur la même période, les échanges du Mali, du Burkina Faso et du Niger avec le reste de l’UEMOA atteignaient 2 056,9 milliards de francs CFA.
Ces données, antérieures à la création de la Confédération des États du Sahel, constituent un point de comparaison et ne permettent pas, à elles seules, de mesurer la situation commerciale actuelle des trois pays en 2026.
Abdoulaye Maïga a appelé à améliorer la fluidité des corridors, à réduire les barrières non tarifaires et à renforcer la transformation locale des produits. L’objectif affiché est notamment d’accroître les échanges entre les trois pays, tous confrontés à leur enclavement géographique.
Des relations à redéfinir avec la CEDEAO
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement cessé d’être membres de la Cédéao le 29 janvier 2025, après avoir annoncé leur décision de se retirer de l’organisation régionale.
La Cédéao a toutefois maintenu, à titre transitoire, plusieurs facilités relatives à la circulation des personnes et aux échanges commerciaux afin de limiter les conséquences immédiates du retrait sur les populations et les opérateurs économiques.
En mars 2026, l’organisation régionale a désigné l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté comme négociateur en chef pour les discussions avec l’AES.
Bamako avait auparavant affirmé que son retrait de la Cédéao était irréversible, tout en indiquant être disposé à échanger sur la libre circulation des personnes et la préservation de certains acquis de l’intégration régionale.
Parallèlement, le Mali, le Burkina Faso et le Niger demeurent membres de l’UEMOA. Cette organisation continue de fournir un cadre monétaire, douanier et commercial commun aux trois pays ainsi qu’à cinq autres États ouest-africains.
La réunion de Bamako devrait ainsi permettre de préciser les mesures envisagées par l’AES pour renforcer son intégration économique, alors que les discussions avec la Cédéao doivent contribuer à définir les modalités de leurs relations futures.
MD/te/Sf/APA





