Paul Yao Brou, directeur de la Formation, de la communication et de la qualité à la Direction générale des marchés publics (DGMP), a levé le voile sur les marchés publics gré à gré, une procédure dérogatoire souvent décriée, lors d’un séminaire de la Plateforme Médias UEMOA, à Abidjan.
C’est une procédure prévue par la loi, mais souvent mal comprise. Le marché de gré à gré obéit à des conditions strictes d’urgence et de dérogation, a expliqué Paul Yao Brou, Directeur de la Formation, de la Communication et de la Qualité à la Direction générale des marchés publics (DGMP).
Il intervenait ce vendredi 16 octobre 2026 à Abidjan, à l’occasion d’un séminaire de renforcement des capacités des journalistes économiques ivoiriens, organisé par la Plateforme Médias UEMOA Section Côte d’Ivoire, du 15 au 16 octobre 2026.
Ce séminaire, placé sous le parrainage du ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget avec l’appui de la Commission de l’UEMOA, avait pour thème : « La commande publique et pratiques de gestion au sein de l’UEMOA : bilan des acquis, contraintes opérationnelles et perspectives d’harmonisation communautaire ».
Dans sa communication intitulée « DGMP : Rôles, défis et perspectives dans les marchés publics », Paul Yao Brou a tenu à clarifier les concepts de la commande publique et les marchés de gré à gré.
« On parle de marché public lorsqu’une dépense est exécutée seulement sur la base du budget de l’État y compris les appuis des partenaires techniques et financiers. Cependant, La commande publique, elle, concerne tout ce que l’État fait comme acquisition et achats », a-t-il précisé.
Ainsi, la location de bâtiments par l’État fait partie de la commande publique mais ne fait pas l’objet d’un marché, a-t-il ajouté, soulignant que « les marchés publics sont un pan de la grande famille de la commande publique. Car, partout où l’État intervient, c’est alloué dans la commande publique ».
Il a rappelé que les marchés publics sont un domaine fortement réglementé au regard des enjeux. Ils sont régis par l’ordonnance du 24 juillet 2019 portant Code des marchés publics et ses textes d’application,
Le marché public est défini comme un contrat écrit conclu à titre onéreux en matière de travaux, de fournitures ou de services, a-t-il affirmé. Selon le conférencier, il existe trois types de marchés publics : les travaux, les fournitures et les services.
Pour leur passation, le mode de principe est l’appel d’offres ouvert, lancé sur 30 jours, où l’offre la plus compétitive est retenue. Il a fait observer que pour des projets complexes, il y a l’appel d’offres restreint.
« On ne met pas en concurrence toutes les entreprises. On choisit celles qui peuvent faire et on les met en compétition », a noté Paul Yao Brou. Cette procédure nécessite toutefois l’accord préalable du ministre chargé des marchés publics.
Vient enfin le marché de gré à gré. « C’est une pratique prévue par la loi et cela obéit à des conditions d’urgence », a insisté le directeur. Trois cas autorisent le recours au gré à gré : une situation de monopole, une raison artistique ou technique, et le cas d’urgence impérieuse.
Paul Brou a également mentionné des cas d’exception au niveau des marchés publics, comme l’achat d’équipements militaires pour cause de secret défense, afin de ne pas exposer la sécurité de l’État. Abordant les perspectives, il a présenté le SIGOMAP, la plateforme en ligne de dématérialisation des marchés publics.
« Si vous êtes une entreprise et que vous partez en mission aux États-Unis, depuis votre mission, vous pouvez soumissionner en ligne. Cela renforce la transparence, la célérité et la gestion des dossiers », a-t-il relevé. Le processus se poursuit et devrait aboutir, à terme, à la signature électronique des contrats, a-t-il poursuivi.
À l’ouverture du séminaire, Gustave Diasso, Représentant résident de la Commission de l’UEMOA en Côte d’Ivoire, a salué cette initiative qui met en lumière l’information économique dans l’espace UEMOA.
« Ce séminaire est un cadre privilégié pour améliorer vos connaissances et capacités d’appropriation des réformes, des procédures et des pratiques actuelles en vigueur en matière de commande publique au sein de l’UEMOA », a-t-il affirmé.
AP/APA





