Préoccupée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient, l’Alliance politique africaine a invité les États africains à renforcer leur résilience économique, énergétique et sécuritaire, à l’issue d’une réunion extraordinaire à Lomé.
Les ministres des Affaires étrangères et représentants de plus d’une vingtaine de pays membres de l’Alliance politique africaine (APA), réunis vendredi à Lomé en conférence ministérielle extraordinaire, ont appelé à la retenue et à la désescalade dans la crise au Moyen-Orient, estimant que ses répercussions économiques, énergétiques et sécuritaires affectent directement le continent africain.
Les travaux, présidés par le président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, se sont déroulés en présence du président sierra-léonais, Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao. Des délégations africaines ainsi que des représentants des Émirats arabes unis, de l’Iran, du Koweït, du Qatar et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) ont pris part à la rencontre.
Dans leur déclaration finale, les participants se sont dits « profondément préoccupés » par l’escalade des tensions géopolitiques et militaires au Moyen-Orient, soulignant leurs effets sur les chaînes d’approvisionnement, les marchés de l’énergie, l’inflation et la sécurité alimentaire en Afrique, notamment à travers les difficultés d’accès à certains intrants agricoles.
Ils ont également mis en garde contre les risques d’expansion des groupes terroristes, de déstabilisation régionale et d’intensification de la rivalité entre puissances extérieures, appelant les États africains à renforcer leurs capacités en matière de lutte contre le terrorisme, de cybersécurité, de lutte contre la désinformation et de protection des infrastructures critiques.
Les participants ont recommandé d’accélérer les politiques de diversification économique, d’industrialisation, de développement du commerce intra-africain et de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tout en renforçant la souveraineté énergétique et alimentaire du continent.
Sur le plan diplomatique, l’Alliance Politique Africaine a salué les engagements des États-Unis et de l’Iran en faveur du dialogue, ainsi que les efforts de médiation du Pakistan et du Qatar ayant conduit à la signature d’un mémorandum d’accord entre Washington et Téhéran le 17 juin 2026. Elle a également insisté sur la nécessité de préserver la sécurité des principales voies maritimes internationales, notamment le détroit d’Ormuz, Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le canal de Suez.
La conférence a enfin décidé de créer un Cadre de dialogue stratégique Afrique-Moyen-Orient afin de renforcer les consultations entre les deux régions sur les questions de paix, de sécurité et de développement économique, tout en saluant le rôle joué par le Togo dans l’organisation de cette réunion extraordinaire.
AC/Sf/APA







