L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), via son programme FISH4ACP, organise en collaboration avec le ministère ivoirien des Ressources animales et halieutiques (MIRAH), du 17 au 21 août 2026, à Grand-Bassam et à Abidjan, trois sessions de formation complémentaires sur la biosécurité et le diagnostic des maladies aquatiques pour sécuriser la santé des poissons d’élevage face aux risques d’épidémies.
Des formations sur la bio sécurité et les maladies aquatiques des poissons d’élevage sont organisées par la FAO simultanément à Grand-Bassam et à Abidjan. L’objectif du programme FISH4ACP est clair : renforcer d’urgence la surveillance, la détection précoce et la gestion des risques sanitaires dans l’élevage du tilapia, tout en protégeant les investissements aquacoles face aux maladies émergentes.
La Côte d’Ivoire compte plus de 1 076 fermes aquacoles pour une production estimée à environ 10 000 tonnes de poissons en 2025. Le tilapia y règne en maître, représentant 91 % de la production globale. Cependant, le pays reste très loin de couvrir sa demande nationale, qui dépasse les 70 000 tonnes.
Face à l’intensification de l’élevage et à la forte mobilité des acteurs, la menace de maladies émergentes grandit. C’est le cas du Tilapia Lake Virus (TiLV), un virus répertorié par l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA) qui fait peser un risque direct sur les investissements privés et la sécurité alimentaire de la Côte d’Ivoire.

Le tilapia, un enjeu de sécurité alimentaire
Pour structurer durablement la filière du tilapia, un poisson très prisé en Côte d’Ivoire, la FAO déploie le Cadre de Gestion Progressive pour la Biosécurité en Aquaculture (PMP/AB), une initiative conçue pour aider les pays à renforcer leur système national de sécurité sanitaire aquacole.
Fondé sur une approche par les risques et un partenariat public-privé, le PMP/AB permet à chaque Etat d’avancer selon ses capacités et ses ressources, à travers quatre stades progressifs allant du diagnostic initial à la mise en place d’un dispositif de prévention, de surveillance et de gestion des maladies aquatiques.
« Pour nous, l’apport de la FAO est essentiel, notamment en matière d’expertise technique. Aujourd’hui, nous bénéficions de cet appui technique pour mettre en place la biosécurité en aquaculture » explique Vessaly Kallo, directeur des Services vétérinaires et du Bien-être animal.
Pour la Côte d’Ivoire, l’adoption de cette démarche représente un levier majeur pour structurer durablement la santé des organismes aquatiques. Elle offre un cadre méthodologique reconnu à l’échelle internationale, favorise la coordination entre les administrations, les producteurs et les laboratoires.
En renforçant simultanément les compétences des agents du MIRAH, des pisciculteurs et du personnel de laboratoire, ces formations contribuent directement à faire progresser le pays dans les différents stades du PMP/AB, en complémentarité avec la Stratégie Nationale de Santé des Organismes Aquatiques (SNSOA) développée avec l’appui du Programme.

Les pisciculteurs au cœur de la prévention
Pour bâtir un système résilient, la formation cible simultanément trois maillons clés de la chaîne de valeur. Une alliance sur trois fronts : Administration, Producteurs, Laboratoires.
Un groupe de 50 agents de terrain du MIRAH (issus de la DSVBA, de la DA, du SICOSAV et des directions régionales) a été outillé aux principes de l’investigation épidémiologique. « Cette formation m’a permis de mieux comprendre les principes de biosécurité applicables dans les fermes », témoigne Edwige Koffi, chef de service à la direction régionale de Divo.
Pour barrer la route aux épidémies aquacoles, une quarantaine d’exploitants, dont trente membres de l’INTERAQUA, ont été formés aux techniques essentielles de biosécurité, axées sur la maîtrise de l’hygiène, la qualité de l’eau et le suivi rigoureux des alevins.
À Abidjan, 30 techniciens du Laboratoire national d’appui au développement agricole (LANADA) ont quant à eux renforcé leur maîtrise des outils de diagnostic de pointe (microscopie, PCR, extraction) pour garantir une réponse rapide face aux crises sanitaires et réduire drastiquement les délais de confirmation des maladies selon les standards de l’OMSA.
Cette approche globale est portée par le programme FISH4ACP, une initiative de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), mise en œuvre par la FAO grâce à un financement de l’Union européenne et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).
En Côte d’Ivoire, le programme FISH4ACP soutient la chaîne de valeur du tilapia d’élevage. Il pose les fondations d’une aquaculture ivoirienne compétitive, moderne et parée contre les crises sanitaires.
AP/Sf/APA







