À l’occasion de ses vœux de nouvel an, l’ancien Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, a adressé un message vigoureux à ses compatriotes. Dressant un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place après les échéances électorales de 2025, il appelle l’opposition à une « alternative crédible » pour l’année 2026.
Toujours en exil, Guillaume Soro n’a pas ménagé ses mots pour qualifier l’année 2025 qui vient de s’écouler. Selon lui, la Côte d’Ivoire traverse une période de « fractures profondes » tant sur le plan politique que social et moral.
L’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, pointe du doigt une gestion gouvernementale basée, selon ses termes, sur « l’exclusion plutôt que la réconciliation ». Il a ensuite égrené une critique acerbe des scrutins de 2025.
Le point d’orgue de son message concerne les récentes consultations électorales. Pour Guillaume Soro, la présidentielle d’octobre 2025 et les législatives de décembre 2025, organisées sans « consensus ni équité », ont fini de briser la confiance entre les citoyens et l’État.
Évoquant des taux d’abstention massifs et une répression post-électorale, l’ancien Premier ministre ivoirien, affirme que les élections en Côte d’Ivoire sont devenues un « facteur d’instabilité durable » pour le pays.
L’ex-Premier ministre a également tenu à exprimer sa solidarité envers les « prisonniers politiques », les exilés et les victimes de violences, dénonçant un mode de gouvernement qui utilise la force pour faire taire l’opposition : « Rien ne justifie que l’on emprisonne ses opposants pour les faire taire », a-t-il martelé.
Malgré un tableau sombre marqué par la cherté de la vie et le chômage des jeunes, Guillaume Soro se dit confiant en l’avenir, porté par la dignité du peuple ivoirien. Pour lui, l’année 2026 doit impérativement marquer un tournant.
Il lance un appel direct à ses pairs de l’opposition : « L’opposition ivoirienne n’a plus le droit à la dispersion, aux querelles d’ego ni aux calculs à courte vue. » Il exhorte à la création d’un projet clair, porté par une union organisée, pour offrir aux Ivoiriens une véritable alternative démocratique.
S’adressant aux membres de son mouvement, Générations et peuples solidaires (GPS) , pourtant dissout par la justice, il a réaffirmé la nécessité de leur combat malgré les doutes et les épreuves. Il a également exhorté la jeunesse ivoirienne à ne pas laisser son avenir être « confisqué », tout en rendant un hommage appuyé au courage des femmes, piliers de la société.
Guillaume Soro a rappelé sa conviction qu’aucun régime fondé sur l’injustice ne peut triompher durablement d’un peuple uni, souhaitant à tous une année 2026 placée sous le signe du courage et de la dignité.
AP/Sf/APA







