L’accès au crédit pour les PME passe un nouveau cap stratégique. Un atelier de réflexion crucial sur la redynamisation du Dispositif de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de soutien au financement des PME/PMI s’est tenu le mardi 16 juin 2026 à Grand-Bassam.
Cette rencontre, organisée par le secrétariat exécutif du Comité de concertation Etat/Secteur privé, a réuni l’ensemble des acteurs économiques pour lever les blocages d’un mécanisme au potentiel encore sous-exploité.
Mis en place en 2018, ce dispositif repose sur une approche multi-acteurs associant les États, les banques, les structures d’appui et les entreprises. Mariam Fadiga, secrétaire exécutif du Comité de concertation État/Secteur privé, a rappelé que malgré leur rôle moteur, les PME font face à des difficultés persistantes d’accès aux crédits.
Plusieurs années après son lancement, le dispositif de soutien au financement des PME/PMI ou « Dispositif PME », n’a pas produit tous les effets escomptés. Les travaux de Grand-Bassam visaient donc à identifier les obstacles pour optimiser son déploiement.
Le directeur de l’agence principale de la BCEAO en Côte d’Ivoire a rappelé que les PME représentent plus de 90 % du tissu entrepreneurial de l’UEMOA. À la fin de l’année 2025, le dispositif a permis à 4 053 PME d’obtenir 118,173 milliards FCFA de crédits dans l’espace communautaire.
La Côte d’Ivoire s’en tire avec une part majeure : 370 PME ivoiriennes ont bénéficié de 57,316 milliards FCFA de financements. Pour inciter les banques à prêter davantage, la Banque Centrale déploie des mesures réglementaires fortes.
Il a souligné que, prenant la mesure de l’enjeu de développement économique que représente le financement des PME pour l’UEMOA, la banque centrale a initié dès 2012, un plan d’actions ambitieux pour le financement des économies de l’Union, adopté par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement.
Ce plan, dira-t-il, a permis la mise ne place de plusieurs mécanismes, dont le dispositif de soutien au financement des PME/PMI ou « Dispositif PME », lancé en 2018 et qui repose sur un mécanisme multi-acteurs : les Etats, les structures d’appui et d’encadrement, les établissements de crédit, la Bceao.
La Bceao, elle, offre des incitations aux banques, notamment en renforçant les créances bancaires portées sur les PME/PMI éligibles. Outre le dispositif PME, la banque centrale a initié plusieurs réformes réglementaires pour faciliter le financement des PME/PMI.
Parmi ces règlements, figurent l’assouplissement des règles prudentielles pour encourager les banques à financer les PME à travers l’application d’une pondération de 75% au lieu de 100% à leurs expositions sur les PME répondant au critère de clientèle de détail.
Il y a également l’allongement du délai de décaissement des créances en souffrance pour les financements bancaires accordés aux PME/PMI fixés désormais à 180 jours d’impayés au lieu de 90 jours, a-t-il fait savoir.
Cet atelier arrive à un moment charnière qui coïncide avec le lancement de la troisième génération du Plan National de Développement (PND 2026-2030). Ce plan réaffirme le rôle central du secteur privé comme moteur de la croissance et de l’emploi, en mettant l’accent sur les champions nationaux et le contenu local.
La redynamisation du dispositif de la BCEAO apparaît ainsi comme une contribution concrète et indispensable pour atteindre les ambitions économiques de la Côte d’Ivoire pour les cinq prochaines années.
AP/APA






