L’Etat de Côte d’Ivoire a lancé, ce mardi 22 juillet 2025, le second appel à manifestation d’intérêt pour le recensement des bénéficiaires directs du projet de Paiement des réductions d’émissions autour du Parc national de Taï (PRE).
Le deuxième paiement carbone en Côte d’Ivoire s’inscrit dans le cadre de l’Accord de réduction des émissions (ERPA) conclu avec le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF) de la Banque mondiale. Ce contrat est mis en œuvre à travers le Projet de paiement des réductions d’émissions autour du Parc national de Taï (PRE).
Selon Éric Konan, le coordonnateur de l’Unité de coordination du Projet de paiement des réductions d’émissions autour du Parc national de Taï (PRE), le second paiement carbone, les activités sont éligibles dans la période allant du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2023, jusqu’au 31 décembre 2024.
Il a fait savoir que « ce second appel à manifestation d’intérêt s’étendra de ce jour, 22 juillet 2025, au 22 octobre 2025 » et vise deux catégories principales. La première concerne les bénéficiaires directs et potentiels qui ont contribué à réduire les émissions par leurs activités entre 2022 et 2024.
La seconde catégorie cible les bénéficiaires qui ont « contribué à réaliser des activités de réduction d’émission de CO2 pour le premier appel à manifestation d’intérêt, mais qui n’ont pas pu s’enregistrer au regard de certaines contraintes et qui sont éligibles au second appel à manifestation d’intérêt », a-t-il ajouté.
Couverture du projet PRE
M. Eric Konan a souligné que le processus d’inscription repose sur des éléments essentiels. Le bénéficiaire doit avoir réalisé l’une des activités prises en compte dans le cadre du programme notamment l’agroforesterie, le reboisement et la conservation des forêts.
Le projet PRE est l’aboutissement de plusieurs années d’engagement de la Côte d’Ivoire pour le mécanisme international REED+. Il a été concrétisé à travers deux contrats d’achat de réduction des émissions de gaz à effet de serre signés avec le Fonds carbone de la Banque mondiale.
Ce contrat signé en 2020 pour une durée initiale de cinq ans prévoit la vente d’un volume total de 10 millions de tonnes CO2 pour un montant de 50 millions de dollars, à répartir entre les différents bénéficiaires du projet.
Il se fera en trois paiements qui sont conditionnés par la vérification des réductions d’émission selon le projet, a-t-il dit. Le second paiement carbone a été annoncé en juin 2025 par le ministre de l’Environnement, du développement durable et de la transition écologique, M. Jacques Assahoré.
Après avoir perçu un premier paiement de 35 millions de dollars en 2024, en contrepartie de 7 millions de tonnes de CO₂ réduites entre 2020 et 2021, la Côte d’Ivoire a reçu en juin 2025 un second paiement de 15 millions de dollars pour la période 2022–2023.
Au-delà du volume contractuel atteint, la Côte d’Ivoire a enregistré sur la période 2022–2023 une réduction de 13 millions de tonnes de CO₂, dont 3 millions ont été transférés au Fonds carbone de la Banque mondiale pour un paiement de 15 millions de dollars. Il reste 10 millions de tonnes de crédits carbone excédentaires
Ce sont 10 millions de tonnes de CO₂ qui ont été transférées à la Banque mondiale, conformément aux objectifs contractuels. Le montant total versé dans le cadre de ce contrat s’élève à 50 millions de dollars, soit environ 30 milliards de F CFA.
Les bénéficiaires du projet
Le projet PRE, au-delà des objectifs contractuels, a permis de générer environ 10 millions de tonnes équivalent CO2 supplémentaires qui pourront faire l’objet de transactions avec des partenaires autres que le fonds carbone de la banque mondiale, a-t-il poursuivi.
Dr Fanny N’Golo, le directeur exécutif de la Fondation des parcs et réserves de Côte d’Ivoire, a expliqué que les bénéficiaires directs sont les acteurs qui par leurs actions de conservation, de reboisement ou d’agroforesterie ont généré des réductions de CO2.
« Pour ce groupe, il y a deux sous-groupes, nous avons les bénéficiaires directs institutionnels qui sont l’OIPR et la SODEFOR (des structures publiques) qui gèrent des espaces classés et de l’autre côté, nous avons les bénéficiaires directs constitués par les communautés rurales », a relevé Dr Fanny N’Golo.
Les paiements se feront par mobile money (MTN, Orange, Wave) ou par virement, rapporte l’unité de coordination du projet PRE. Le premier appel à manifestation d’intérêt a connu un succès et a permis d’identifier plus de 73 500 parcelles.
La cérémonie de lancement du second paiement carbone a enregistré la présence des chargés d’affaires du Consul du Burkina Faso et du Mali en Côte d’Ivoire, les partenaires techniques et financiers, des représentants du secteur privé, des collectivités et des organisations de la société civile.
AP/Sf/APA






