Réuni ce mardi 8 septembre 2026, à Abidjan, pour sa session semestrielle, le Comité de pilotage (COPIL) du projet PROMIRE (Promouvoir une production de cacao sans déforestation pour réduire les émissions en Côte d’Ivoire), a dévoilé des résultats spectaculaires.
À ce jour en Côte d’Ivoire, le projet PROMIRE a permis la conversion officielle de plus de 3 527 hectares de parcelles de cacao dégradées en systèmes agroforestiers durables, ainsi que la restauration de plus de 1 260 hectares de terres dégradées.
Portée par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, en partenariat avec la FAO, et financée par le Fonds vert pour le climat (GCF), cette initiative s’inscrit dans le mécanisme international REDD+.
L’ambition depuis juin 2011 est claire : restaurer 20 % du couvert forestier ivoirien d’ici 2030 grâce à une croissance économique durable et résiliente, permettant ainsi de concilier la puissance économique de la filière cacao avec l’impératif de préservation de la biodiversité.
La session du Comité de pilotage du projet PROMIRE, a ressorti un bilan hautement positif. Déployé dans trois régions clés du pays, ce projet stratégique s’impose comme le bras armé de la reconquête forestière ivoirienne face à la déforestation et au changement climatique.
Une transformation concrète dans trois régions stratégiques

Initialement prévu pour s’achever début 2026, le projet PROMIRE a bénéficié d’une prolongation jusqu’en mai 2027 validée par le Fonds vert pour le climat. Ce sursis permet de consolider les actions menées dans les régions de La Mé, de l’Agnéby-Tiassa et du Sud-Comoé, historiquement éprouvées par la déforestation liée à la cacaoculture.
Le rapport d’avancement technique met en lumière une exécution territoriale rigoureuse. Dans l’Agnéby-Tiassa, la région enregistre la plus forte progression avec 1 931,27 ha de parcelles cacaoyères conventionnelles converties en agroforesterie améliorée et 196,34 ha de terres restaurées.
Au niveau de la région de La Mé, les efforts ont abouti à la conversion de 972,41 ha de parcelles dégradées et à la restauration directe de 546,56 ha ; tandis que dans le Sud-Comoé, les réalisations affichent 625,27 ha convertis en systèmes agroforestiers et 524,67 ha de forêts restaurées.
Au-delà des indicateurs environnementaux, le projet PROMIRE se distingue par un impact social profond. Il touche désormais plus de 5 700 petits producteurs, renforçant la résilience de ces communautés rurales.
De plus, le programme intègre un volet humain majeur : 1 591 personnes (dont 1 033 femmes) ont été sensibilisées aux questions de genre, et 2 388 personnes ont été formées à la lutte contre le travail des enfants.
La diplomatie environnementale au service des producteurs

Présidant le Comité de pilotage, Youssouf Diarra, chef de cabinet et représentant du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a réaffirmé les ambitions souveraines de l’État ivoirien.
« La Côte d’Ivoire a fermement inscrit la transition bas-carbone au cœur de sa diplomatie environnementale et de son économie nationale. Face aux exigences croissantes des marchés internationaux en matière de durabilité, notre position de premier producteur mondial de cacao ne doit plus être perçue comme une menace pour notre biodiversité, mais comme le moteur même de notre restauration écologique », a déclaré Youssouf Diarra.
Pour le chef de cabinet du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, « le projet PROMIRE n’est pas un projet d’expérimentation de plus ; il est l’un des bras séculiers de cette politique d’émergence verte » de la Côte d’Ivoire.
Un enthousiasme d’ailleurs partagé par le partenaire technique. Joseph Nyemah, le représentant de la FAO en Côte d’Ivoire, est revenu sur le soulagement de la prolongation budgétaire obtenue début 2026. Lancé en février 2021, le projet PROMIRE devrait s’achever en mai 2027.
« En décembre 2025, nous avons tracé ensemble la feuille de route de ce projet, avec la ferme conviction que le GCF approuverait sa prolongation, alors que son échéance était fixée au 18 février 2026. Cette prolongation nous permet de poursuivre la mise en œuvre dans de meilleures conditions », a-t-il dit.
Joseph Nyemah a soutenu que « ce projet représente bien plus qu’un investissement dans la lutte contre la déforestation : il constitue un investissement stratégique dans l’avenir de la Côte d’Ivoire, en posant les bases d’une agriculture plus durable. »
Face au succès de cette dynamique, la FAO a officiellement renouvelé sa disponibilité pour guider le ministère vers une mise à l’échelle de l’initiative dans d’autres régions du pays, en mobilisant de nouveaux guichets de financement comme le Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF).
AP/Sf/APA





