Bamako souhaite accélérer l’exécution des projets financés par la Banque mondiale dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et du capital humain. Le cadre de partenariat 2026-2031 recense 1,8 milliard de dollars d’engagements publics en faveur du Mali.
Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a demandé, mardi, une accélération des procédures de mise en œuvre des projets soutenus par la Banque mondiale, lors d’un entretien avec le nouveau directeur de division de l’institution pour quatre pays du Sahel.
Nicola Pontara, chargé du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, effectuait sa première visite à la Primature depuis sa prise de fonction, le 1er juillet. Selon un communiqué du gouvernement, les échanges ont porté sur l’instauration d’un « dialogue étroit orienté vers les résultats ».
Trois priorités ont été retenues : le développement du capital humain, l’amélioration de l’accès à une énergie fiable et l’augmentation de la productivité agricole. Abdoulaye Maïga a également demandé que les interventions de la Banque mondiale soient davantage articulées avec la vision nationale de développement à l’horizon 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033.
Les difficultés sécuritaires continuent toutefois de ralentir l’exécution de certains projets, notamment dans les zones où les déplacements, le suivi des travaux et l’acheminement des équipements présentent des risques élevés. L’entretien a porté sur le portefeuille en cours et le communiqué du gouvernement ne fait état d’aucun nouveau financement.
Un portefeuille de 1,8 milliard de dollars
Le cadre de partenariat 2026-2031, lancé en avril, recense neuf opérations nationales et huit programmes régionaux financés par l’Association internationale de développement (IDA), la branche de la Banque mondiale destinée aux pays à faible revenu.
Leur montant cumulé atteint 1,803 milliard de dollars : 1,309 milliard pour les projets nationaux et 494 millions pour les programmes régionaux. Ces montants correspondent à des financements approuvés, versés progressivement en fonction de l’avancement des activités.
D’après le tableau du portefeuille publié par la Banque mondiale, environ 1,217 milliard de dollars restaient à décaisser au moment de l’établissement du document. Une part importante de ce solde concerne des opérations récemment approuvées et programmées sur plusieurs années.
Parmi elles figure un crédit de 150 millions de dollars approuvé en mars 2026 pour maintenir les services essentiels de santé et d’éducation. La Banque mondiale prévoit que ce projet bénéficie à 2,3 millions de personnes dans le secteur de la santé, dont 1,4 million de femmes et 391 395 enfants de moins de cinq ans. Quelque 1,1 million d’élèves doivent également recevoir du matériel pédagogique, des aides à la scolarisation ou bénéficier d’un accès aux examens nationaux.
Dans le secteur de l’énergie, un financement supplémentaire de 35 millions de dollars a été approuvé en juin pour le Projet d’amélioration du secteur de l’électricité. Le portefeuille comprend également des programmes régionaux consacrés à l’accès à l’électricité, à l’interconnexion avec la Guinée, au pastoralisme et à la résilience des systèmes alimentaires.
Le secteur privé bénéficie, séparément, des interventions de la Société financière internationale (IFC). Au 30 mars 2026, ses engagements au Mali atteignaient 493,25 millions de dollars, répartis entre 16 projets, principalement dans les secteurs de la finance, des télécommunications, des infrastructures, des services et de l’agro-industrie.
La demande formulée par Bamako porte ainsi sur la capacité à faire avancer des financements déjà approuvés, en particulier dans les secteurs où les besoins restent importants et dans les régions où l’insécurité complique l’exécution des projets.
MD/te/Sf/APA





