La Côte d’Ivoire, avec le soutien de l’Union européenne (UE) et du Groupe AFD, franchit une nouvelle étape dans le développement et la stabilisation de ses régions septentrionales avec la signature du projet Approche territoriale intégrée dans le Nord (ATINORD).
D’un montant de 22,3 millions d’euros délégués par l’Union européenne à l’AFD, le projet ATINORD s’inscrit dans une dynamique partenariale forte au service des territoires frontaliers du Mali et du Burkina Faso les plus vulnérables.
La convention de financement a été signée ce mercredi 1er avril 2026 à Abidjan, en présence du directeur général du Groupe AFD, Rémy Rioux, et de l’ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, Irchad Razaaly, aux côtés des autorités ivoiriennes.
Irchad Razaaly a expliqué que ce projet se veut « une approche territoriale intégrée dans le Nord de la Côte d’Ivoire et qui répond à la complexité des défis auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée compte tenu de l’environnement régional », menacé par le terrorisme.
« Il y a un appui à la présence territoriale en particulier de la sécurité, un volet sur l’accès aux services de base pour les populations », a-t-il souligné. Des milliers de Burkinabè ont d’ailleurs trouvé refuge dans l’extrême Nord ivoirien en raison de la menace djihadiste.

Rémy Rioux a pour sa part, indiqué que « conscient des défis géopolitiques et de développement, et cherchant toujours à innover », ce projet veut traiter les questions liées à la sécurité et au développement du Nord de la Côte d’Ivoire.
Un pan du projet est mis en œuvre par l’AFD et porte sur le développement, tandis qu’une autre phase a trait au renforcement des capacités, à la formation des forces de sécurité au Nord, a souligné Rémy Roux.
Le projet ATINORD s’inscrit pleinement dans les priorités du gouvernement ivoirien, notamment en matière de développement territorial, de cohésion sociale et de renforcement de la présence de l’État dans les régions du Nord.
Dans un contexte marqué par des vulnérabilités structurelles, liées notamment à l’enclavement et à un accès limité aux services de base, ainsi que par des pressions sécuritaires liées aux crises régionales, ce projet propose une approche territoriale intégrée.
Celle-ci vise à articuler l’accès aux services essentiels, le développement économique local, la cohésion sociale et le renforcement des institutions, autour d’une conviction partagée : il ne peut y avoir de développement durable sans sécurité, ni de sécurité durable sans développement.
Le projet bénéficiera directement aux populations des régions du Bounkani, du Tchologo, du Poro et de la Bagoué. Il permettra notamment d’améliorer l’accès à l’eau potable pour 50 000 personnes et de renforcer l’accès aux services de santé et de nutrition pour 120 000 personnes.
Il accompagnera également 1 000 jeunes vers l’emploi, contribuera à la réhabilitation de 2 000 hectares de périmètres maraîchers et soutiendra la réalisation de 150 kilomètres de pistes rurales. Une attention particulière sera portée à la jeunesse, aux femmes et aux communautés locales, au cœur des dynamiques de résilience économique et de cohésion sociale.

ATINORD illustre la capacité des partenaires de la Côte d’Ivoire à proposer des réponses coordonnées face à des défis complexes. Le projet mobilise l’ensemble du Groupe AFD : l’AFD sur le déploiement du volet développement et Expertise France sur la mise en œuvre du volet sécurité.
Il s’inscrit pleinement dans l’initiative Équipe Europe, visant à renforcer la paix, la stabilité et le développement dans les zones frontalières à fort enjeu. Ce projet vient également consolider un partenariat en forte croissance entre l’Union européenne et le Groupe AFD en Côte d’Ivoire.
Les financements européens délégués à l’AFD devraient atteindre près de 90 millions d’euros sur la période 2025-2026, témoignant de la qualité du dialogue et de la confiance entre les parties prenantes au projet.
ATINORD s’aligne sur le Programme national de développement (PND 2026-2030), qui place la paix, la sécurité et la cohésion sociale au cœur de la stratégie de développement du pays. Il contribue à renforcer les efforts déjà engagés par l’État ivoirien pour le désenclavement, l’accès aux services essentiels et le développement économique des régions du Nord.
Au-delà de son financement, ATINORD incarne une ambition partagée : celle de construire, aux côtés de la Côte d’Ivoire, des territoires plus résilients, inclusifs et porteurs d’avenir. Ce projet témoigne de la capacité des partenaires européens et africains à agir ensemble pour répondre aux défis de stabilité et de développement dans la sous-région.
AP/Sf/APA





