L’ONU a appelé mardi les autorités libyennes, aussi bien l’exécutif basé à Tripoli (ouest) que les autorités parallèles de l’est, à des « réformes urgentes » pour protéger la dignité des migrants et réfugiés qui subissent des « violations graves » dans ce pays.
« Les migrants, réfugiés et demandeurs d’asile sont victimes de violations systématiques » commises « en toute impunité », souligne un rapport de la Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) et du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH).
Le rapport dénonce « un modèle d’exploitation » fondé sur une « vulnérabilité accrue » de ces personnes, devenu « une pratique courante, une réalité brutale et normalisée ».
L’ONU a identifié « quatre types d’abus systématiquement observés et documentés ». Les migrants sont victimes d’ « interception illégale et dangereuse en mer », d’ « expulsion collective et refoulement », d’ « exploitation et violences sexuelles et sexistes », d’ « arrestations et détentions arbitraires, disparitions forcées, tortures et mauvais traitements » et de « discrimination ».
Les personnes « détenues arbitrairement dans des centres de détention officiels et non Officiels », (environ 40 sites), doivent être « libérées immédiatement », ont exhorté les deux agences onusiennes.
Selon elles, fin 2025, près de 5.000 personnes étaient enfermées dans des centres « officiels » appelés DCIM, mais le chiffre réel est beaucoup plus élevé, d’après les ONG.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est en proie aux divisions et à l’instabilité ce qui a favorisé la traite de personnes et de multiples abus contre les migrants, victimes notamment d’extorsion et esclavage, selon l’ONU et des ONG internationales.
A la mi-2024, le Portail sur les données migratoires géré par l’OIM recensait environ 900.000 migrants et réfugiés en Libye.
AK/APA







