Lors de la cérémonie scellant le partenariat Netflix et Canal+ Côte d’Ivoire, le ministre de la communication a mis en avant le dynamisme ivoirien, avant d’encourager le géant américain du cinéma à « investir dans le contenu local ».
Netflix et Canal+ Côte d’Ivoire ont lancé officiellement, ce mercredi 9 juillet 2025, à Abidjan, leur partenariat lors d’une cérémonie qui a regroupé un parterre de personnalités, ainsi que les acteurs de l’écosystème de l’industrie créative et du cinéma.
Le ministre ivoirien de la Communication, Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement, présent à cet évènement, s’est réjoui de ce partenariat qui montre d’ailleurs le « dynamisme et les performances économiques » de la Côte d’Ivoire.
« Vous avez bien fait de venir en Côte d’Ivoire parce que la Côte d’Ivoire is the place to be (le lieu où être) », a-t-il lancé. Et d’ajouter : « je reste convaincu que ce partenariat sera bénéfique à nos producteurs locaux pour que nous ayons des contenus ivoiriens (agrégés) sur cette plateforme ».
« La seule doléance que je voudrais faire, Canal+ le fait déjà, Netflix le fait également un peu (en Afrique), mais en venant en Côte d’Ivoire, on va encourager (Netflix) à le faire un peu plus, c’est investir dans le contenu local », a déclaré M. Amadou Coulibaly.
M. Mohammed Al Kuraishi, chargé du business development and partner engagement Middle East/Africa chezNetflix, s’est dit « très content de ce partenariat qui élargit le champ » de la firme américaine sur le continent africain.
Paola Audrey Ndengue, experte média, y voit déjà les intentions de ce géant américain de la production cinématographique pour l’Afrique francophone. Elle espère que l’ouverture de ce nouveau marché permettra de faire naître un besoin de contenu local pour cette plateforme.
Toutefois, « qui dit création locale, il va falloir former, se standardiser un peu mieux et faire en sorte que les contenus d’Afrique francophone commencent à être à un certain niveau pour leur permettre de s’exporter », a-t-elle soutenu.
« De manière générale, il y a juste des questions structurelles de formation, notamment sur les volets techniques. Je ne pense pas que l’Afrique francophone ait moins d’histoires à raconter, le problème maintenant est qu’on est dans l’économie du contenu qui est une économie internationale », a-t-elle fait observer.
« Netflix commence à avoir des standards élevés. Il faut qu’à un moment donné, on réduise ce gap pour les personnes qui se sont souvent formées sur le tas, (car) ce partenariat va permettre d’accélérer cette standardisation et elle est nécessaire », a insisté Paola Audrey.
Le réalisateur ivoirien, Franck Vléhi, producteur de la série à succès « Les coups de la vie », estime que « l’enjeu, aujourd’hui, c’est de faire en sorte que nous ayons des productions francophones, surtout ivoiriennes (qui soient prisées, car) avant Netflix ne s’intéressait pas du tout à notre marché parce qu’on ne pesait rien dans la balance. »
« Aujourd’hui, par le biais de Canal+ il arrive ici, il faudrait qu’on puisse avoir l’intelligence de savoir se positionner et d’être à l’affut pour que lorsqu’ils vont ouvrir ; (parce que) tôt ou tard ils vont ouvrir une possibilité de production, nous soyons là, prêts avec la technicité qu’il faut », a-t-il affirmé.
Ce qui peut faire la différence avec les autres productions du monde, « c’est notre authenticité, nos façons de raconter nos histoires, nos habitudes, et nous raconter tel que nous sommes, c’est déjà une valeur ajoutée », a-t-il poursuivi.
Aziz Diallo, directeur général Pay TV Afrique francophone, a expliqué que ce partenariat vise à offrir aux abonnés une nouvelle expérience avec tout le contenu de Netflix et tout le bouquet DStv, comprenant toutes les chaînes supersport.
Netflix, acteur mondial du divertissement est présent dans plus de 190 pays avec plus de 300 millions d’abonnés à travers le monde. Il a commencé, déjà, à investir dans les contenus africains, notamment au Nigeria et en Afrique du Sud.
« Avec ce partenariat sur l’Afrique francophone, nous sommes persuadés que la dynamique de marché et les abonnés qui veulent se retrouver dans les programmes qu’ils regardent, vont encourager cette grande firme américaine à produire plus dans le contenu local », a fait remarquer M. Aziz Diallo.
Rien n’est encore scellé, « mais vous savez que dans les affaires, il faut constater l’appétit du marché d’abord. Donc, nous on va faire tous les efforts qu’il faut pour avoir le maximum d’abonnés et cela justifiera d’autant plus à Netflix le besoin d’investir dans le contenu local que ses abonnés veulent regarder », a-t-il confié.
L’incursion de Netflix en Afrique francophone, à travers son partenariat avec Canal+, offre une opportunité aux producteurs qui devront désormais standardiser leur process pour pouvoir accéder à cette plateforme du géant cinématographique américain.
AP/Sf/APA





