Les missions internationales d’observation électorale déployées en Éthiopie à l’occasion des élections générales de lundi ont jugé le scrutin globalement satisfaisant, malgré des contraintes sécuritaires ayant empêché son déroulement dans certaines zones du pays.
Dans leurs déclarations préliminaires présentées mercredi à Addis-Abeba, les missions de l’Union africaine (UA) et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ont souligné le caractère ordonné, pacifique et participatif du processus électoral.
Le chef de la mission d’observation de l’UA, Uhuru Kenyatta, a indiqué que le vote s’était déroulé dans des conditions généralement sereines.
« Dans l’ensemble, la mission a constaté que le scrutin s’est tenu de manière pacifique, transparente et ordonnée, même si certaines difficultés opérationnelles et d’accessibilité ont été observées dans quelques bureaux de vote », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe.
Les observateurs de l’UA ont également relevé un respect élevé des procédures électorales, notamment en matière d’identification et de vérification des électeurs, ainsi qu’une gestion adéquate des urnes.
M. Kenyatta a toutefois rappelé que les élections se sont déroulées dans un contexte sécuritaire complexe, particulièrement dans certaines zones des régions d’Oromia, d’Amhara et du Tigré. Selon lui, l’insécurité a affecté les activités politiques, la préparation du scrutin ainsi que la participation des électeurs.
Au total, 46 circonscriptions n’ont pas pris part au vote, les élections n’ayant pas pu être organisées au Tigré ni dans certaines parties de l’Oromia et de l’Amhara. Dans d’autres localités, le scrutin a été reporté à une date ultérieure.
La mission de l’UA a également noté que plusieurs bureaux de vote étaient insuffisamment dimensionnés au regard du nombre d’électeurs attendus, provoquant de longues files d’attente et des retards dans les opérations de vote.
De son côté, la cheffe de la mission d’observation de l’IGAD, Speciosa Wandira Kazibwe, a estimé que ces élections représentent une étape importante dans le processus démocratique éthiopien.
Selon elle, le scrutin témoigne d’un engagement collectif en faveur de la stabilité, du respect de l’ordre constitutionnel et du renforcement de la démocratie. Elle a également salué les réformes entreprises pour améliorer l’administration électorale, l’inclusivité et la crédibilité du processus.
Les observateurs de l’IGAD ont constaté une forte mobilisation des électeurs tout au long de la journée. Les femmes et les personnes âgées étaient particulièrement présentes durant la matinée, tandis que la participation des jeunes s’est intensifiée dans l’après-midi.
Mme Kazibwe a confirmé que l’insécurité et certaines contraintes logistiques ont empêché l’organisation du vote dans plusieurs circonscriptions. Huit circonscriptions de la région d’Amhara et 38 du Tigré n’ont ainsi pas participé au scrutin.
Les autorités électorales se sont engagées à organiser les élections dans ces zones dès que les conditions de sécurité le permettront.
Par ailleurs, des dispositions spéciales sont prévues le 8 juin 2026 pour permettre aux militaires, aux membres des forces de sécurité ainsi qu’aux personnes déplacées de voter. La proclamation officielle des résultats définitifs est attendue le 11 juin 2026.
Pour cette mission, l’Union africaine a mobilisé 73 observateurs de court terme issus de 35 pays africains, tandis que l’IGAD a déployé 27 équipes d’observation dans huit régions du pays.
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