La police d’Addis-Abeba a placé en détention la journaliste et créatrice de contenu éthiopienne Salsawit Baynesagn. Arrêtée il y a une semaine, elle n’a toujours pas été présentée à un juge, a appris APA ce jeudi.
La journaliste Salsawit Baynesagn a passé une semaine en détention sans avoir été présentée au juge. Sa sœur, Haymanot Baynesagn a déclaré mercredi à la presse locale que la famille n’avait reçu aucune information sur les motifs de cette arrestation.
« Ma sœur a été arrêtée lundi dernier. Aucune explication ne nous a été fournie et elle n’a toujours pas comparu devant un tribunal », a-t-elle affirmé.
Selon elle, Salsawit Baynesagn a d’abord été placée à l’isolement dans une cellule communément appelée « cellule noire », où ses proches ont été privés de tout droit de visite durant les deux premiers jours de sa détention.
« On nous a opposé un refus catégorique. Nous n’avons pu la voir qu’au troisième jour et les visites sont désormais autorisées. En revanche, le motif exact de son arrestation ne nous a jamais été communiqué », a-t-elle ajouté.
Haymanot Baynesagn a précisé que sa sœur, mère d’un enfant de quatre ans, est actuellement détenue au troisième commissariat de police, situé près de Piassa Giorgis à Addis-Abeba. Elle a indiqué que les autorités avaient initialement assuré à la famille qu’elle serait présentée devant un tribunal le 16 juin.
« Nous nous sommes rendus au tribunal ce jour-là dans l’attente de son audience. Nous avons patienté toute la matinée et une partie de l’après-midi, sans résultat. En retournant ensuite au commissariat, nous avons appris qu’elle n’avait jamais été transférée au palais de justice », a-t-elle expliqué.
La famille soupçonne que cette arrestation soit liée aux récentes vidéos publiées par Salsawit Baynesagn sur les réseaux sociaux. Ces contenus portaient notamment sur le massacre d’au moins 35 fidèles de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo (EOTC) dans la zone d’Arsi, située dans la région d’Oromia, à environ 130 kilomètres au sud-est d’Addis-Abeba.
Ces derniers jours, plusieurs autres membres de l’EOTC ont également été interpellés, dont le théologien, chercheur et auteur d’ouvrages religieux, le Dr Kesis Mezgebu Kassa.
Des sources concordantes font également état de l’arrestation du diacre Zelalem Taye et de Yoni Yesemaetu, deux figures influentes qui diffusent régulièrement des informations et des analyses sur l’actualité de l’Église orthodoxe éthiopienne dans les plateformes numériques.
Salsawit Baynesagn est considérée comme l’une des voix les plus suivies en Éthiopie sur les questions relatives aux droits humains. Ses analyses et prises de position lui ont valu une forte notoriété sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok.
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