Les voyageurs algériens dénoncent régulièrement la vétusté des bus, les retards fréquents, les conditions d’attente précaires et le manque de coordination entre gares et directions locales des transports. En dépit de fréquentes annonces d’amélioration par les autorités.
À l’occasion de la rentrée sociale 2025-2026, la Société d’exploitation des gares routières d’Algérie (SOGRAL) a dévoilé un ensemble de mesures censées moderniser le transport de voyageurs. Intensification des dessertes, services de billetterie électronique, applications mobiles : autant d’annonces qui s’inscrivent dans les instructions du ministère de l’Intérieur et des Transports. Mais derrière le vernis technologique, les limites structurelles du système de transport routier demeurent inchangées.
Selon SOGRAL, les voyageurs peuvent désormais réserver et acheter leurs billets en ligne dans 57 gares routières, tandis que 131 distributeurs automatiques et de nouveaux guichets électroniques ont été installés. La société se félicite aussi du lancement de l’application « Taxi Safe », censée sécuriser les déplacements urbains, et du service WimPay, permettant d’acheter un billet via téléphone mobile. Autant de dispositifs qui visent à donner l’image d’une modernisation rapide, alors même que les infrastructures routières et les flottes de bus vieillissantes peinent à répondre aux besoins croissants de mobilité.
La nouvelle gare de Guelma, présentée comme vitrine du confort et de la modernité, illustre cette logique de communication : quelques inaugurations ponctuelles mises en avant, alors que nombre de gares existantes souffrent d’un sous-équipement chronique, de retards d’entretien et de problèmes de sécurité récurrents. Les voyageurs algériens dénoncent régulièrement la vétusté des bus, les retards fréquents, les conditions d’attente précaires et le manque de coordination entre gares et directions locales des transports.
L’ouverture des espaces des gares à la vente d’articles scolaires et de fournitures, annoncée comme une innovation pour la rentrée, traduit davantage une recherche de recettes annexes qu’une réelle amélioration de l’expérience des usagers. Quant à l’attribution de quais pour les bus universitaires, elle ne compense pas l’absence d’un plan global de mobilité pour les étudiants, souvent contraints de recourir à des moyens de transport privés, coûteux et non réglementés.
Cette stratégie de numérisation partielle, qui se limite à la billetterie et à quelques services annexes, reste éloignée d’une refonte en profondeur du transport routier interurbain. Faute d’investissements massifs dans les infrastructures, de renouvellement des flottes et d’une régulation efficace, les annonces de SOGRAL risquent de demeurer des effets d’annonce, sans impact durable sur les conditions de déplacement des citoyens.
MK/Sf/APA







