Le Maroc organisera, du 11 au 13 février 2026 à Rabat, la sixième conférence mondiale dédiée à l’élimination du travail des enfants, un rendez-vous international majeur réunissant gouvernements, organisations d’employeurs et de travailleurs, acteurs de la société civile, secteur privé, milieux universitaires et partenaires internationaux.
La rencontre vise à renforcer l’action collective face à un phénomène qui touche encore des millions d’enfants dans le monde, selon les dernières données de l’Organisation internationale du travail (OIT) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF).
Les statistiques publiées en 2024 indiquent que 138 millions d’enfants sont encore concernés par le travail des enfants, dont 54 millions exposés à des activités dangereuses, révélant l’écart persistant entre les engagements internationaux et la réalité sociale. La conférence de Rabat s’inscrit dans la continuité des précédentes rencontres mondiales – Oslo (1997), La Haye (2010), Brasilia (2013), Buenos Aires (2017) et Durban (2022) – et vise à transformer les engagements en actions concrètes.
Placée sous l’égide du gouvernement marocain, la conférence permettra aux participants de partager les expériences nationales, d’identifier des réponses opérationnelles et de définir des mesures immédiates pour accélérer l’élimination du travail des enfants. Les travaux seront guidés par les six axes prioritaires de Durban, qui mettent l’accent sur une action coordonnée, multisectorielle, sensible au genre et fondée sur les droits des enfants. Les États participants devront suivre leurs progrès et présenter leurs résultats lors de la rencontre de Rabat.
Malgré une baisse de plus de 20 millions d’enfants concernés depuis 2020, le travail des enfants reste concentré dans certains secteurs, notamment l’agriculture, qui représente 61 % des cas au niveau mondial. Les organisations internationales soulignent la nécessité d’un financement durable, d’une protection sociale étendue, d’un enseignement de qualité et d’emplois décents pour les adultes afin d’éradiquer durablement le phénomène. Le directeur général de l’OIT, Gilbert F. Houngbo, a rappelé que « la place des enfants est à l’école et non au travail, et que les parents doivent bénéficier d’emplois décents leur permettant d’assurer la scolarisation de leurs enfants ».
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