Malgré des discours récurrents sur la fraternité et la coopération, la Tunisie et l’Algérie peinent à transformer leur proximité politique en intégration économique concrète.
L’absence d’un cadre d’investissement commun et la dépendance énergétique tunisienne à l’égard de son voisin algérien freinent toute perspective d’équilibre durable.
Réunis récemment à Alger, les représentants des deux pays ont de nouveau plaidé pour un renforcement de la coopération frontalière, énergétique et commerciale. Mais, une fois encore, aucune mesure précise ni calendrier n’a été annoncé.
Dans un communiqué du Conseil national de la révolution démocratique (CNRD), Imed Derbali a salué la « solidité » des relations tuniso-algériennes, qualifiées d’« exemplaires » sur le plan de la solidarité.
Un langage diplomatique bien rodé, souvent entendu lors de précédentes rencontres, alors que les échanges bilatéraux demeurent déséquilibrés et que les obstacles logistiques persistent aux postes frontaliers.
Le responsable tunisien a évoqué une « vision maghrébine et arabe commune » fondée sur la coopération et le développement durable. Une ambition qui contraste avec la réalité régionale : frontières toujours fermées entre l’Algérie et le Maroc, absence d’union douanière effective et protectionnisme croissant des deux côtés.
L’intégration maghrébine reste ainsi l’un des projets les plus enlisés du continent africain, malgré les annonces répétées de Tunis et d’Alger.
Imed Derbali a également appelé à renforcer la coopération parlementaire entre le CNRD et le Conseil de la Nation algérien. Un geste avant tout symbolique, dans deux systèmes politiques où les parlements jouent un rôle limité dans la définition des politiques économiques, dominées par l’exécutif.
De son côté, l’ambassadeur d’Algérie à Tunis, Azzouz Baalal, a salué la « convergence de vues » entre les deux pays, tout en reconnaissant implicitement que les promesses d’intégration restent largement inabouties.
Si les exportations tunisiennes vers l’Algérie ont légèrement progressé depuis 2021, les échanges commerciaux demeurent faibles, freinés par la complexité des procédures douanières et le manque d’interconnexions énergétiques.
La Grande Commission mixte tuniso-algérienne, annoncée avant la fin de l’année, devrait une fois encore servir de vitrine diplomatique à un partenariat davantage politique qu’économique.
Aujourd’hui, les échanges entre les deux pays représentent moins de 3 % de leur commerce extérieur total. Les frontières terrestres, régulièrement soumises à des fermetures ou à des contrôles renforcés, continuent de freiner les flux commerciaux.
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