Les Zones économiques spéciales (ZES) du Sénégal ont mobilisé un volume d’investissements de 95,2 milliards de francs CFA, grâce à l’installation de 66 entreprises dans les différentes plateformes industrielles du pays, a annoncé jeudi à Dakar le directeur général de l’APIX-SA, Bacari Séga Bathily.
S’exprimant à l’ouverture d’un atelier consacré à la réforme du cadre juridique des Zones économiques spéciales, le DG de l’APIX-SA, Bacari Séga Bathily, a souligné que les ZES demeurent un instrument stratégique de la politique d’industrialisation du Sénégal et de la mise en œuvre de la vision « Sénégal 2050 ».
Selon les données présentées lors de cette rencontre à Dakar, les trois zones économiques spéciales en activité totalisent 66 entreprises, réparties entre le Parc industriel intégré de Diamniadio (P2ID), qui accueille 37 unités, la Zone économique spéciale industrielle de Diass (ZESID), avec 11 entreprises, et la Zone économique spéciale de Sandiara (ZESS), qui en compte 18.
Les investissements déclarés atteignent 44 milliards de francs CFA au niveau du P2ID, 24,7 milliards à la ZESID et 26,5 milliards à la ZESS, soit un montant global de 95,2 milliards de francs CFA.
Le directeur général de l’APIX a également fait état d’une progression du nombre d’entreprises installées dans certaines zones. Entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, leur nombre a augmenté de 19,4 % au P2ID et de 20 % à la ZESS.
Par ailleurs, un portefeuille de projets représentant plus de 81 milliards de francs CFA d’investissements supplémentaires est en cours de développement pour la période 2025-2026. Plusieurs entreprises évoluant dans différents secteurs d’activité figurent parmi les investisseurs attendus.
Les projets enregistrés dans les trois zones devraient générer à terme plus de 10 800 emplois, tandis que les superficies concédées atteignent actuellement 871 hectares, dont 218 hectares sont déjà exploités.
Une réforme pour lever les contraintes
Tout en saluant les progrès réalisés depuis la réforme de 2017, Bacari Séga Bathily a estimé que les résultats restent en deçà des ambitions industrielles du Sénégal.
Il a notamment relevé plusieurs contraintes affectant la performance des ZES, parmi lesquelles le faible taux de concrétisation des emplois annoncés, la sous-exploitation du foncier disponible, certaines limites du dispositif de gouvernance ainsi que le coût élevé de l’électricité, considéré comme un facteur de perte de compétitivité.
Le responsable de l’APIX a également plaidé pour une révision des critères d’éligibilité au régime des ZES et une amélioration de certaines dispositions fiscales afin de renforcer l’attractivité du dispositif auprès des investisseurs.
Selon lui, la réforme engagée doit permettre de doter le Sénégal de zones économiques spéciales plus compétitives, capables d’attirer davantage d’investissements productifs, de favoriser la création d’emplois qualifiés et de renforcer l’intégration du pays dans les chaînes de valeur régionales et internationales.
Les conclusions de la concertation avec les acteurs du secteur privé seront prochainement soumises aux autorités compétentes en vue de la révision du cadre juridique régissant les Zones économiques spéciales.
« Nous voulons faire des ZES l’un des principaux leviers de l’industrialisation du Sénégal », a notamment indiqué M. Bathily, appelant les investisseurs et les opérateurs économiques à contribuer activement au processus de réforme.
TE/Sf/APA





