Les obligations de l’emprunt d’État « Sénégal mo Woté » ont été officiellement inscrites vendredi à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), permettant désormais leur négociation sur le marché secondaire.
L’État du Sénégal a enregistré vendredi un succès retentissant lors de la cérémonie de cotation de son emprunt obligataire « Sénégal mo Woté » à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM).
Cette cérémonie, qui marque l’inscription officielle des obligations sur le marché boursier régional et clôture l’opération lancée en juin 2025, a consacré un taux de sur-souscription exceptionnel de 121 %.
Lancée le 19 juin 2025 au Musée des civilisations noires (MCN)de Dakar, cette opération d’appel public à l’épargne visait initialement à mobiliser 300 milliards de FCFA pour financer les projets structurants du Plan Sénégal 2025 dans les secteurs prioritaires : infrastructures, éducation, santé, accès à l’eau, énergie, agriculture et numérique.
Cette émission, conduite par CGF Bourse en tant qu’arrangeur et chef de file, en collaboration avec la Société Générale Sénégal comme co-arrangeur et Société Générale Capital Securities West Africa comme co-chef de file, marque une étape majeure dans le financement du développement national.
« Cette performance témoigne de l’appétit des investisseurs pour le papier sénégalais, mais aussi de la qualité de la signature du Sénégal », a déclaré Alioune Diouf, Directeur de la dette publique du Sénégal, lors de la cérémonie de clôture.
L’émission s’est distinguée par sa structuration innovante, proposant quatre maturités avec des taux attractifs : 6,60 % sur 5 ans, 6,75 % sur 7 ans, et 6,95 % sur 10 ans, ainsi qu’une tranche à 3 ans. Avec une valeur nominale de seulement 10 000 FCFA, l’opération a été conçue pour être accessible à tous les citoyens.
Cette stratégie inclusive a porté ses fruits, attirant un large éventail d’investisseurs : fonds de pension, compagnies d’assurances, sociétés financières, entreprises, mutuelles, et surtout un engagement massif des particuliers et de la diaspora. L’opération bénéficiait également d’une défiscalisation pour les résidents sénégalais.
Désormais cotées à la BRVM, ces obligations pourront être négociées sur le marché secondaire, offrant ainsi une liquidité aux investisseurs qui souhaiteraient revendre leurs titres avant l’échéance.
Impact économique et gestion active de la dette
Au-delà de la simple levée de fonds, l’opération s’inscrit dans une démarche de gestion active de la dette publique. Elle a permis à l’État d’honorer ses engagements vis-à-vis du secteur bancaire et d’alléger les contraintes de provisionnement des banques, leur offrant ainsi une meilleure capacité de financement de l’économie réelle.
« Cette gestion active constitue une avancée significative pour desserrer les contraintes bancaires et mieux contribuer au financement de l’activité économique », a précisé le Directeur de la dette publique.
Cette émission s’inscrit dans un cadre plus large de consolidation budgétaire. Le Sénégal vise à réduire son déficit budgétaire de 13 % en 2024 à 3 % en 2027, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA. Les prévisions annoncent 7,8 % pour 2025 et 5,37 % pour 2026.
Avec une croissance économique estimée entre 7 % et 8 %, renforcée par les perspectives des projets gaziers et pétroliers en cours de finalisation, le pays affiche des perspectives encourageantes. Les discussions avec le FMI avancent également de manière satisfaisante.
Objectifs 2026 : renforcement du marché domestique
Pour l’année 2026, l’État prévoit de lever 2 800 milliards de FCFA sur le marché intérieur, réaffirmant sa volonté de développer le marché domestique et de réduire l’exposition aux risques extérieurs.
« Cette cotation consacre l’union de nos compétences et démontre que lorsque l’État, les institutions financières et les investisseurs avancent ensemble, rien n’est hors de portée », a souligné Kalidou Diallo, Directeur général de CGF Bourse, lors de son allocution.
Il s’agit de la deuxième cérémonie de cotation organisée à Dakar pour CGF Bourse en moins d’un an, témoignant du dynamisme croissant du marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et du renforcement de la souveraineté financière du Sénégal.
ARD/Sf/APA






