Le gouvernement ivoirien maintient sa ligne de fermeté concernant la gestion des flux de commercialisation agricole. Lors d’une conférence de presse tenue, ce mercredi 22 juillet 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, est revenu en détail sur l’opération d’enlèvement des stocks résiduels de cacao, une mesure pour laquelle l’État avait décaissé 291 milliards de FCFA en janvier dernier.
Interpellé par un journaliste, à l’issue du Conseil des ministres, sur le fait que bon nombre de planteurs n’ont pas perçu le prix garanti de 2 500 FCFA le Kg fixé par le gouvernement, mais plutôt 1 200 FCFA le Kg pour leurs excédents, lors de la campagne suivante, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly a tenu à clarifier la situation en pointant du doigt des pratiques spéculatives.
« Pour ce qui est de l’enlèvement des produits, il faut faire très attention aux analyses qui ne sont pas poussées », a d’emblée prévenu Amadou Coulibaly. Selon lui, les dysfonctionnements constatés sur le terrain résultent directement du comportement de certains opérateurs.
« À la vérité, ce qui s’est passé dans la filière cacao (dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial), c’est que certains producteurs, sachant que les cours allaient monter, ont stocké. Ils ont voulu spéculer », a déclaré Amadou Coulibaly, ministre de la Communication.
Le porte-parole du gouvernement ivoirien a souligné que les subventions étatiques et les mécanismes d’ajustement (notamment l’enveloppe de 2 800 FCFA destinée à faciliter la sortie des produits au prix minimum garanti de 2 500 FCFA le Kg) s’appliquaient exclusivement à la campagne en cours, et non aux récoltes antérieures.
L’État ivoirien, qui évalue précisément son tonnage national pour anticiper les flux financiers, n’avait pas vocation à intégrer ces volumes dissimulés dans le circuit officiel au tarif fort, a martelé le porte-parole du gouvernement.
Les données présentées par le directeur général du Conseil café-cacao mettent en évidence une hausse atypique des flux par rapport aux tendances historiques. Ce pic exceptionnel démontre que ces volumes provenaient de stocks de rétention, constitués par les opérateurs pour maximiser leurs gains face à l’amélioration des prix, a-t-il fait observer.
« Commercialement ça peut se comprendre, mais l’État n’avait pas prévu cela », a concédé le ministre, tout en précisant qu’un arbitrage a dû être trouvé en amont. D’un commun accord avec le Conseil café-cacao, l’organe de régulation de la filière, un compromis financier a été arrêté à 1 200 FCFA le Kg pour solder ces anciennes productions accumulées hors calendrier, préservant ainsi l’équilibre budgétaire tout en libérant les entrepôts.
AP/Sf/APA






