Selon le président de la Banque africaine de développement (BAD), M. Sidi Ould Tah, le développement futur de l’Afrique dépendra d’une coopération financière régionale renforcée et de mécanismes innovants de partage des risques.
Lors d’une rencontre avec les médias à l’issue des Assemblées annuelles 2026 de la BAD à Brazzaville, en République du Congo, le président de l’institution panafricaine, Sidi Ould Tah a affirmé que l’Afrique ne pouvait plus se reposer uniquement sur le financement public et sur des interventions de développement fragmentées pour répondre à ses immenses besoins en matière d’infrastructures et d’industrialisation.
Il a souligné que l’Afrique avait besoin d’un système financier coordonné, capable de mobiliser les institutions aux niveaux national, régional et continental.
« La nouvelle architecture financière africaine a été spécifiquement conçue pour éviter toute déconnexion avec les réalités du terrain », a-t-il déclaré.
M. Tah a expliqué que ce cadre fonctionnerait selon les principes de subsidiarité, de complémentarité, de coordination et de partage des risques entre les institutions financières africaines.
Il a précisé que ce dispositif n’avait pas pour objectif de créer une nouvelle institution, mais plutôt de renforcer la collaboration entre les acteurs financiers africains existants.
Selon lui, ce cadre réunira les banques de développement, les banques commerciales, les institutions de garantie, les fonds de pension, les bourses et les banques centrales. Il a ajouté que les institutions les plus proches des projets et des bénéficiaires joueraient un rôle moteur dans la prise de décision et la mise en œuvre.
« L’objectif est d’améliorer la coordination et de permettre aux institutions africaines de répondre plus efficacement aux défis du développement », a-t-il déclaré.
M. Tah a révélé que le Conseil d’administration de la BAD avait approuvé la mise en œuvre de l’Architecture financière africaine pour le développement, conformément au Consensus d’Abidjan.
« La Banque africaine de développement a reçu pour mandat de passer rapidement de la conception à la mise en œuvre », a-t-il affirmé.
Le président de la BAD a également souligné la nécessité pour l’Afrique d’accroître la valeur ajoutée locale et d’accélérer son industrialisation.
Il a indiqué que de nombreux pays africains continuaient d’exporter des matières premières tout en important des produits finis à des prix nettement plus élevés.
Prenant l’exemple de la bauxite, M. Tah a expliqué que l’Afrique exportait ce minerai à des prix relativement bas, mais importait des produits en aluminium à des coûts beaucoup plus élevés.
« L’objectif est de créer de la valeur, des emplois et des industries en Afrique », a-t-il déclaré.
Il a également précisé que la Banque soutenait l’enseignement technique, la formation professionnelle et les petites entreprises afin de permettre aux pays africains de tirer pleinement parti de leur population jeune et croissante.
Selon lui, la numérisation contribuera également à formaliser les activités économiques informelles, à améliorer la productivité et à accélérer la transformation économique sur l’ensemble du continent.
GIK/fss/te/Sf/APA







