Alors que la phase 2 est lancée par le Coraf, financé par la Coopération suisse, le Programme de technologies et innovations agricoles pour l’accroissement de la résilience des systèmes de production et des exploitations familiales (TARSPro) ambitionne de toucher près d’un million d’exploitations familiales au Bénin, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad.
Le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF) a officiellement lancé, ce mardi, la deuxième phase du Programme de technologies et innovations agricoles pour l’accroissement de la résilience des systèmes de production et des exploitations familiales (TARSPro).
Son objectif est de massifier l’adoption des technologies agricoles en Afrique de l’Ouest et du Centre pour les quatre prochaines années.
L’événement a réuni les représentants des systèmes nationaux de recherche agricole des cinq pays ciblés, des organisations de producteurs, du secteur privé et de la Coopération suisse.
« Le véritable défi est de passer de la démonstration à l’utilisation massive. C’est précisément l’ambition de cette Phase 2 », a déclaré Dr Moumini Savadogo, Directeur exécutif du CORAF, soulignant que la première phase avait permis d’identifier, tester et valider plus de 220 technologies et innovations (T&I) agricoles.
Celles-ci couvrent des variétés de céréales résistantes au changement climatique, des légumineuses à haut rendement et des techniques d’intensification durable.
Une nouvelle approche centrée sur le secteur privé
Là où la Phase 1 était axée sur la recherche et la démonstration, la Phase 2 place au cœur de sa stratégie les opérateurs privés spécialisés (structures de conseil agricole, agrégateurs, institutions de microfinance et assurances agricoles) chargés de piloter la mise à l’échelle des innovations.
Ces acteurs seront mobilisés par appel ouvert à manifestation d’intérêt et devront soumettre des candidatures en consortia, fédérant les organisations de bénéficiaires au sein de plateformes d’innovations multi-acteurs.
Le programme s’appuiera sur un réseau de 26 plateformes d’innovation multi-acteurs, 5 parcs de technologies hébergés par les centres de recherche nationaux, 10 pôles d’immersion communautaire et 5 villages intelligents face au climat.
Sur quatre ans, TARSPro II vise un taux d’adoption de 60 % des technologies par les bénéficiaires, avec 975 000 utilisateurs maintenant leur pratique dans la durée et une hausse moyenne de 30 % des rendements des exploitations agricoles familiales.
Sur le volet offre, le programme entend porter le volume du commerce de semences à 36 700 tonnes et satisfaire 90 % de la demande exprimée en T&I.
Les filières prioritaires sont les céréales (maïs, riz, sorgho), les légumineuses et oléagineux (niébé, soja, arachide), les racines et tubercules (manioc, patate douce), ainsi que les productions animales (embouche bovine et caprine, lait). L’approche est résolument inclusive, avec des cibles de 50 % de femmes et 60 % de jeunes parmi les bénéficiaires.
Risques identifiés et mesures d’atténuation
Le programme a d’ores et déjà cartographié ses principaux risques : instabilité politique dans certains pays d’intervention, faible adoption initiale des technologies par les groupes cibles, et difficultés d’accès aux marchés agricoles.
Face à ces défis, le Coraf prévoit un système d’alerte précoce, des démonstrations pratiques adaptées aux femmes et aux jeunes, et la création de centres d’incubation pour accompagner les entrepreneurs agricoles.
Des instruments de sauvegarde environnementale et sociale dont un cadre de gestion E&S et un mécanisme de gestion des plaintes viendront compléter le dispositif.
Exprimant sa gratitude à la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC), Dr Savadogo a souligné que « chaque franc investi doit se traduire en impact concret sur le terrain. »
TARSPro 2 soutiendra également les grandes instances régionales du Coraf, dont le Marché des technologies et innovations agricoles (Mita) et le Forum des leaders de la recherche agricole, contribuant à la vision du plan stratégique 2018-2027 : « Prospérité et sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest et du Centre. »
ARD/Sf/APA







