La chambre criminelle de la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, a confirmé lundi la condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité de A.L., surnommé le « cannibale ». L’homme était poursuivi pour assassinat avec des soupçons d’anthropophagie, malgré les regrets qu’il a exprimés à la barre.
Né en 1981 à Fada N’Gourma, cultivateur et père d’un enfant, l’accusé comparaissait en appel après une première condamnation à la prison à vie prononcée le 13 juin 2022. Il avait fait appel une semaine plus tard dans l’espoir d’obtenir un allègement de sa peine.
Lors de l’audience, A.L. a reconnu les faits qui lui sont reprochés, tout en implorant la clémence de la Cour. « Je reconnais les faits, mais je demande pardon », a-t-il déclaré, affirmant également éprouver des remords.
Concernant les accusations d’anthropophagie, il a nié avoir consommé de la chair humaine. Il a toutefois admis avoir utilisé du sang humain dans le cadre de pratiques rituelles liées à des fétiches, précisant que ces objets n’existaient désormais plus.
Le procureur général a, pour sa part, souligné la gravité exceptionnelle des faits, rappelant l’émoi qu’ils avaient suscité au sein de l’opinion publique. Il a requis la confirmation pure et simple de la peine initiale.
Suivant ces réquisitions, la Cour a maintenu la condamnation à perpétuité.
Les faits remontent à 2013, lorsque A.L. avait été arrêté à Bobo-Dioulasso, où il vivait reclus dans une grotte en brousse, dans le secteur 25, le long de la route nationale n°1. L’affaire avait alors semé la panique parmi les habitants. Il lui est reproché d’avoir tué plusieurs personnes et d’avoir utilisé leur sang dans des pratiques mystiques. Des accusations d’anthropophagie, notamment sur un enfant de 8 ans, avaient également été évoquées.
Plus d’une décennie après, cette affaire continue de provoquer une vive émotion au sein de l’opinion publique burkinabè.
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