Différents acteurs et experts africains ont adopté une feuille de route en six axes pour intégrer l’élevage dans les politiques climatiques lors d’un dialogue organisé en juin à Bonn en Allemagne, souligne une note parvenue ce mercredi à APA.
Réuni à Bonn, un panel d’experts africains, de négociateurs climat et de chercheurs a lancé un appel pressant pour que l’élevage soit pleinement intégré dans les politiques climatiques, particulièrement en Afrique de l’Ouest et au Sahel, lors d’un dialogue organisé en marge de la 62e session de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA, sigle anglais), l’un des deux organes subsidiaires permanents de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, tenue à Bonn.
Cette initiative intervient alors que les systèmes pastoraux font face à une triple pression : les effets du changement climatique, l’insécurité croissante et la dégradation des ressources naturelles.
Selon les experts réunis, les systèmes d’élevage durables peuvent jouer un rôle crucial dans la lutte contre le changement climatique tout en renforçant la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales.
Le Sénégal s’est positionné à l’avant-garde de cette démarche. Lamine Diatta, négociateur climat au ministère de l’Environnement sénégalais, a souligné que « l’agenda climatique pour l’agriculture en Afrique de l’Ouest doit impérativement inclure l’élevage. »
Il a insisté sur l’interconnexion entre élevage et forêts dans la région, rappelant que « les systèmes pastoraux bien gérés, combinés à l’agroforesterie, participent au maintien des écosystèmes et à la recharge des nappes phréatiques. »
Un financement climatique insuffisant
L’événement, coorganisé par l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI), le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (AU-IBAR), la GIZ et le WWF, a rassemblé plus de 30 experts d’Afrique de l’Ouest, de Madagascar et d’Europe.
Abdrahmane Wane, représentant régional de l’ILRI, a alerté sur l’urgence de la situation.
A l’en croire, « 60 % des pasteurs pourraient perdre leurs moyens de subsistance si aucune action n’est prise. »
Jan Brix, du ministère allemand du Développement, a déploré que moins de 4 % des financements climat mondiaux soient alloués à l’agriculture et à l’alimentation, avec une part encore plus infime pour l’élevage.
Les participants ont adopté une feuille de route ambitieuse articulée autour de six priorités : développement de solutions climatiques intégrées, renforcement des chaînes de valeur pastorale, restauration des pâturages, coopération transfrontalière, inclusion des jeunes et des femmes, et amélioration de l’interface science-politique.
Patrick Karani (AU-IBAR) a annoncé que l’Union africaine travaille à l’élaboration d’une position commune pour faire de l’élevage un pilier de la gouvernance climatique continentale.
Les prochaines étapes incluent le développement d’un tableau de bord des solutions d’élevage climato-intelligentes destiné aux bailleurs et décideurs.
ARD/te/Sf/APA






