Malgré une récolte abondante et des prix relativement stables, l’huile d’olive algérienne demeure marginale sur les marchés internationaux, révélant les limites structurelles d’une filière encore insuffisamment organisée ou valorisée.
Les prix de l’huile d’olive sur le marché algérien sont restés globalement stables en décembre, oscillant entre 800 et 1 000 dinars le litre, un niveau quasi inchangé par rapport à la même période de 2024, selon les observations de terrain. Cette stabilité intervient pourtant dans un contexte de récolte abondante pour la campagne 2025-2026, contrastant avec la saison précédente, nettement moins généreuse. L’absence de répercussion significative de l’offre sur les prix traduit moins une régulation efficace qu’un marché encore largement informel et peu structuré.
La filière nationale souffre en effet d’un déficit chronique d’organisation. En dépit d’une demande soutenue et d’un potentiel productif reconnu, l’huile d’olive échappe encore, dans sa majorité, à un cadre normatif clair. Les labels de qualité et les certifications demeurent marginaux, rendant floue la distinction entre les différentes catégories – extra vierge, vierge ou lampante. Dans ces conditions, le consommateur algérien continue de s’appuyer sur des circuits traditionnels de confiance, fondés sur le bouche-à-oreille et les réseaux personnels, plutôt que sur des repères institutionnels.
La région de Kabylie conserve toutefois une position dominante sur le marché intérieur, portée par une notoriété ancienne. Faute de marché spécialisé, les prix y sont largement déterminés par les propriétaires d’huileries, qui achètent l’huile aux producteurs entre 700 et 800 dinars le litre avant de la revendre entre 900 et 1 000 dinars. Pour les acheteurs dépourvus de réseaux, l’achat direct en huilerie reste souvent la seule garantie perçue de qualité, au prix d’une transparence limitée sur les critères de classification.
Sur le plan international, les prix algériens apparaissent relativement alignés sur ceux pratiqués dans le bassin méditerranéen, sous l’effet conjugué des cours mondiaux et des variations monétaires. En Espagne, en octobre 2025, les prix à l’origine se situaient entre 4,50 et 5,00 euros le litre, tandis qu’en Italie, en septembre 2025, l’huile d’olive vierge extra s’échangeait entre 9,00 et 9,20 euros le litre. En Tunisie, le prix de référence pour la campagne 2025-2026 était fixé à 10 dinars tunisiens le litre en sortie d’huilerie, avec des ajustements réguliers. Ces données sont issues du Conseil international de l’olive, qui note par ailleurs un recul de 13 % des importations mondiales d’olives de table entre septembre 2024 et juillet 2025, à l’exception du marché canadien.
En dépit de ces dynamiques, la production algérienne reste quasi invisible dans les échanges commerciaux internationaux. Les rares volumes exportés par quelques marques nationales ne constituent pas un indicateur significatif du développement de la filière. Les statistiques du COI pour 2025 confirment que les principaux acteurs des marchés mondiaux demeurent l’Espagne, l’Égypte, l’Argentine, la Grèce, le Maroc et la Turquie, sans présence notable de l’Algérie.
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