Le FMI relève à 3,8 % la croissance attendue en 2026, tout en pointant des fragilités structurelles durables liées à la dépendance aux hydrocarbures.
La révision à la hausse des prévisions de croissance de l’Algérie par le Fonds monétaire international (FMI), portée à 3,8 % pour 2026 contre 2,9 % anticipés en octobre 2025, marque un ajustement notable de l’appréciation internationale.
Publiée dans les « Perspectives de l’économie mondiale », en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, cette actualisation reflète une amélioration conjoncturelle dans un environnement mondial incertain.
L’institution de Bretton Woods souligne ainsi que « l’économie algérienne devrait maintenir une dynamique positive », confirmant un rythme d’activité plus soutenu que prévu.
Cette révision ne doit toutefois pas être interprétée comme une validation sans réserve du modèle économique algérien. L’écart de 0,9 point par rapport aux projections précédentes tient en grande partie à des facteurs exogènes, notamment l’évolution des marchés énergétiques, dont dépend encore largement l’économie nationale. Malgré les annonces répétées sur la diversification, les hydrocarbures continuent de représenter l’essentiel des recettes d’exportation et des équilibres budgétaires, limitant la portée réelle des performances affichées.
Les autorités mettent en avant plusieurs projets industriels et miniers, tels que Ghar Djebilet ou Amizour, pour illustrer une stratégie de transformation productive. Pourtant, ces initiatives restent, à ce stade, insuffisamment traduites en effets macroéconomiques tangibles et mesurables.
Le tissu productif hors hydrocarbures demeure contraint par un climat des affaires jugé peu lisible, un système financier encore peu profond et des freins administratifs persistants qui pèsent sur l’investissement privé, national comme étranger.
Sur le plan interne, la croissance repose également sur une demande soutenue par la dépense publique, notamment via les revalorisations salariales et les transferts sociaux. Si ces mesures contribuent à soutenir la consommation, elles posent la question de leur soutenabilité budgétaire à moyen terme, en particulier dans un contexte de volatilité des recettes énergétiques. L’inflation, relevée par le FMI comme un point de vigilance, continue par ailleurs d’éroder le pouvoir d’achat et d’affecter l’équilibre économique global.
En filigrane, le message du FMI reste mesuré : la performance attendue pour 2026 traduit davantage une résilience conjoncturelle qu’un basculement structurel. La consolidation d’une croissance durable suppose des réformes plus profondes, notamment en matière de gouvernance économique, de modernisation du système bancaire et d’ouverture accrue aux investissements.
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