Les sociétés minières du Zimbabwe pourraient bientôt perdre leurs permis d’exploitation si elles ne respectent pas la législation environnementale, en vertu de réformes d’envergure prévues par une nouvelle politique gouvernementale visant à promouvoir des pratiques durables.
Le ministre zimbabwéen des Mines et du Développement minier, Winston Chitando, a déclaré mardi au quotidien privé NewsDay que la deuxième phase de l’Initiative pour une exploitation minière responsable (Responsible
Mining Initiative Part 2) imposera des sanctions contraignantes, y compris le retrait des titres miniers, aux entreprises qui négligent la réhabilitation des terres ou enfreignent la réglementation environnementale.
« Cette nouvelle phase permettra de s’attaquer de front aux problèmes
liés aux dommages environnementaux, ce qui entraînera notamment la
perte des titres miniers », a affirmé M. Chitando.
Cette initiative marque l’un des changements de politique les plus radicaux entrepris au Zimbabwe depuis des décennies, témoignant de la colère croissante de la population face à la destruction de l’environnement liée au secteur minier.
L’exploitation minière génère plus de 60% des recettes d’exportation du pays, principalement grâce à l’or, au platine et au lithium, mais a laissé derrière elle des rivières polluées, des paysages déboisés et des mines abandonnées dans des provinces comme le Manicaland, les Midlands et le Mashonaland Ouest. Les communautés riveraines des zones minières se plaignent depuis longtemps des déchets toxiques, des opérations dangereuses et du manque de transparence, tandis que les organisations de la société civile accusent les autorités de bafouer les décisions de justice et de protéger les exploitants proches du pouvoir.
L’exploitation minière artisanale et industrielle a transformé des rivières autrefois limpides en boues, dévastant les récoltes et les moyens de subsistance.
Chitando a déclaré que le nouveau cadre réglementaire ira au-delà du simple respect volontaire des réglementations, en instaurant un contrôle renforcé, une coordination avec l’Agence de gestion environnementale et des exigences relatives aux plans de fermeture et de réhabilitation des mines avant le début de l’extraction.
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