Le projet de loi de finances 2027 du Tchad prévoit des ressources de 3 065 milliards de FCFA, un niveau inédit qui marque le franchissement, pour la première fois, du seuil des 3 000 milliards, avec une progression de 35 % par rapport à l’exercice précédent, portée notamment par la hausse des recettes pétrolières.
Adopté jeudi en Conseil des ministres, le projet table sur une croissance économique de 7,3 % en 2027, contre 6 % en 2026. Cette performance attendue devrait être soutenue principalement par le secteur non pétrolier, à travers les investissements dans les infrastructures, le développement humain, la productivité agricole et la transformation industrielle.
Inscrit dans le cadre du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », le budget prévoit des dépenses totales de 3 002 milliards de FCFA, contre 2 531,5 milliards en 2026, soit une augmentation de 19 %. Il dégage ainsi un solde global excédentaire de 63 milliards de FCFA, avant amortissement de la dette et financement.
La progression des ressources repose en grande partie sur les recettes pétrolières, projetées à 1 184 milliards de FCFA, contre 779 milliards en 2026, soit une hausse de 52 %. Le gouvernement explique cette évolution par la combinaison de la hausse des cours du pétrole et de celle du dollar.
Les recettes non pétrolières devraient également progresser de 20 %, pour atteindre 1 307 milliards de FCFA. Cette évolution est notamment attendue de la digitalisation des régies financières, destinée à améliorer le recouvrement fiscal, notamment celui de la TVA, et à renforcer la mobilisation des ressources dans les provinces.
Du côté des dépenses, les charges de personnel sont estimées à 796 milliards de FCFA, en hausse de 15 %, tandis que les dépenses de biens et services atteindraient 271 milliards, contre 235 milliards en 2026. Les transferts et subventions progresseraient de 12 %, à 340 milliards de FCFA.
La santé figure parmi les principales priorités du projet budgétaire, avec une enveloppe supplémentaire de près de 60 milliards de FCFA. Les allocations destinées aux centres hospitaliers universitaires doivent augmenter de 25 %, tandis que plus de 10 milliards de FCFA sont prévus pour les hôpitaux préfectoraux. Des financements sont également annoncés pour 14 hôpitaux confessionnels, 90 districts sanitaires et 2 514 centres de santé.
Le projet prévoit par ailleurs le recrutement de 6 265 agents, dont plus de 6 170 agents sociaux affectés dans les provinces, ainsi que des investissements dans les infrastructures routières, l’accès à l’eau potable, l’énergie, l’agriculture et l’élevage.
Les secteurs de l’éducation, de l’industrialisation, du tourisme et du sport figurent également parmi les domaines ciblés, aux côtés de la défense, de la sécurité et du renforcement de la cohésion sociale.
Le projet de loi de finances sera soumis au vote du Parlement à la fin du mois de décembre 2026.
CA/te/APA





