Le gouvernement algérien prévoit de porter le budget du secteur de l’hydraulique à plus de 697,3 milliards de dinars en crédits de paiement pour 2027, soit une progression de 31% par rapport à 2026.
Présentée devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), l’augmentation du budget dédié par le gouvernement algérien traduit l’importance accordée à la sécurité hydrique.
Mais derrière l’ampleur des enveloppes annoncées, l’efficacité de cette politique dépendra surtout de la capacité à transformer les investissements en approvisionnement régulier, durable et accessible, dans un pays confronté à une pression croissante sur ses ressources en eau.
Les autorisations d’engagement devraient atteindre près de 895 milliards de dinars, en hausse de 141% sur un an. Le programme prévoit notamment 55,816 milliards de dinars pour la mobilisation des ressources, dont 56 opérations de réalisation, d’équipement et de raccordement de puits dans 49 wilayas. À cela s’ajoutent des projets de réhabilitation des barrages et des systèmes de transfert.
Ces montants témoignent d’un effort considérable, mais leur progression ne constitue pas, à elle seule, une garantie de sécurité hydrique. La multiplication des chantiers, leur exécution dans les délais et la maintenance des équipements existants demeurent des conditions déterminantes, alors que les épisodes de sécheresse fragilisent durablement les réserves.
L’alimentation en eau potable et industrielle concentre la part la plus importante des investissements annoncés, avec plus de 560 milliards de dinars destinés à 173 nouvelles opérations et à la réévaluation de 36 projets en cours. Le programme vise notamment le raccordement aux réseaux de distribution des stations de dessalement de Chlef, Mostaganem et Tlemcen.
Cette orientation révèle toutefois une autre difficulté : produire de l’eau ne suffit pas si les infrastructures de transport, de stockage et de distribution ne suivent pas. Les 26 opérations prévues pour construire des réservoirs, dotées de 12,2 milliards de dinars, soulignent précisément l’importance de ce maillon souvent moins visible. La sécurité hydrique ne se mesure pas seulement aux capacités de dessalement, mais à la continuité réelle du service jusque dans les foyers.
L’agriculture reste, elle aussi, confrontée à une équation particulièrement exigeante. Le projet de budget prévoit plus de 42 milliards de dinars pour 23 nouvelles opérations d’irrigation, dont 12 études relatives à l’aménagement ou à la création de périmètres irrigués.
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