La deuxième édition de la Conférence internationale sur la mobilité durable et le climat (CIMDC 2026) s’est clôturée ce mercredi 21 octobre 2026 par un acte politique et stratégique majeur : l’adoption de la Déclaration d’Abidjan.
Porté par la CODATU, Climate Chance et proposé à l’Association Africaine des Autorités Organisatrices de la Mobilité (AUMA), ce texte trace la feuille de route d’une mobilité urbaine durable, performante, inclusive et bas-carbone pour l’ensemble du continent africain.
Co-organisé par l’Autorité de la mobilité urbaine dans le Grand Abidjan (AMUGA), la CODATU (Coopération pour le développement et l’amélioration des transports urbains et périurbains) et Climate Chance, du 19 au 21 octobre 2026, l’événement a connu un succès retentissant.
Romain Kouakou, directeur général de l’AMUGA, a révélé que la CIMDC 2026 a mobilisé plus de 1 300 inscrits venus de 40 pays, dont 800 participants ivoiriens et 400 délégués internationaux, formant une véritable communauté d’action face au défi climatique.
L’urgence démographique et climatique face au défi des transports
La Déclaration d’Abidjan rappelle l’urgence absolue de la lutte contre le dérèglement climatique qui frappe de plein fouet une Afrique pourtant historiquement la moins responsable des émissions mondiales. Elle appelle la communauté internationale et les pays les plus émetteurs à positionner le financement des politiques d’adaptation au centre des priorités.
L’enjeu est également démographique : la population urbaine africaine va doubler pour passer de 700 millions à 1,5 milliard d’habitants d’ici 2050, transformant les villes du continent en plus grand chantier de la planète.

Aujourd’hui, la mobilité urbaine et périurbaine représente 90 % des déplacements quotidiens en Afrique. Elle repose massivement sur la marche à pied (souvent subie) et sur un transport artisanal en pleine croissance qui transporte près de 400 millions de personnes par jour malgré un manque structurel de reconnaissance, d’organisation et de financement.
Ces orientations égrainées par les experts, les chercheurs et les acteurs du secteur, font directement écho aux grands chantiers en cours à Abidjan, à l’instar du futur Métro d’Abidjan, du Bus Rapid Transit (BRT) et du renforcement du transport lagunaire.
Quatre axes stratégiques pour réinventer la ville africaine
Pour structurer cette transition, les conclusions de la conférence s’articulent autour de quatre piliers fondamentaux, à commencer par l’intégration de la mobilité et de l’urbanisme qui vise à concevoir la ville autour des besoins des habitants en rapprochant les logements, les emplois et les services, tout en facilitant la marche et les transports collectifs.
La Déclaration d’Abidjan évoque la gouvernance et les financements soutenables en recommandant d’assurer une coordination institutionnelle claire et une programmation réaliste, car aucun projet d’envergure ne peut aboutir sans redevabilité ni mécanismes financiers viables.
Elle met le focus sur la résilience climatique tout en exhortant les États à concevoir des infrastructures durables capables de résister aux aléas écologiques et de réduire l’empreinte environnementale, tout en protégeant les populations vulnérables.
Le texte encourage les innovations technologiques et sociales en invitant les dirigeants à déployer des solutions concrètes telles que l’électromobilité, la digitalisation du transport artisanal, les systèmes de transport intelligents et une meilleure connexion entre les villes et les zones portuaires.
S’exprimant au nom du ministère ivoirien des Transports et des Affaires maritimes, le directeur de cabinet Dioman Coné a souligné trois enseignements clés, rappelant la nécessité de lier aménagement urbain et mobilité, d’accélérer le développement des transports collectifs intégrés et de capter activement les financements verts et climatiques (dons et ressources concessionnelles) pour préserver les finances publiques.
« La mobilité durable n’est pas seulement un défi environnemental. Elle est un levier de croissance, de compétitivité et de progrès social », a conclu Dioman Coné, scellant l’ambition de la Côte d’Ivoire de s’ériger en modèle de la transition urbaine en Afrique.
AP/APA





