Face aux tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC), l’Union africaine (UA) mise sur le dialogue inclusif, le respect des institutions et la consolidation des engagements de paix pour éviter une nouvelle escalade.
Dans un communiqué publié mardi, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les acteurs politiques congolais à privilégier les moyens pacifiques et à préserver les acquis des processus de Doha et de Washington.
Le responsable de l’organisation continentale a salué les efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur d’un dialogue politique national ouvert à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux concernés, dans le respect des institutions de la République. Cet appel intervient dans un contexte où la recherche d’une issue politique à la crise congolaise demeure étroitement liée aux impératifs de sécurité et de stabilité institutionnelle.
L’UA met en garde contre toute rupture de l’ordre constitutionnel
Dans sa déclaration, Mahmoud Ali Youssouf a rappelé les principes de l’Acte constitutif de l’Union africaine, de la Déclaration de Lomé de 2000 et de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Ces textes condamnent les changements anticonstitutionnels de gouvernement, notamment la prise du pouvoir par la force et le renversement d’institutions démocratiquement établies.
Sans désigner de nouvel acteur comme responsable d’une éventuelle menace contre les institutions, le président de la Commission a exhorté toutes les parties concernées à faire preuve de retenue et à éviter toute initiative susceptible d’aggraver les tensions ou de compromettre les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale.
Doha et Washington, des engagements à consolider
Au-delà des enjeux politiques internes, l’Union africaine insiste sur la nécessité de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la RDC. Elle appelle également au respect du cessez-le-feu, à la mise en œuvre des engagements souscrits dans le cadre des processus de Doha et de Washington, ainsi qu’à la protection des populations civiles.
Cette position traduit la volonté de l’organisation continentale de maintenir les efforts diplomatiques engagés et de faire du respect des accords un levier pour la désescalade. Leur portée dépend toutefois de leur mise en œuvre effective par les parties concernées et du respect des engagements pris sur le terrain.
Une médiation régionale au cœur des efforts de paix
L’Union africaine a, par ailleurs, réaffirmé son soutien à la médiation conduite par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur de l’organisation continentale. Cette démarche bénéficie de l’appui du Panel des facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
La Commission de l’UA s’est dite disposée à accompagner cette médiation, en coordination avec les initiatives régionales et internationales, afin de contribuer à une paix durable en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Le message d’Addis-Abeba repose ainsi sur un double impératif : préserver l’ordre constitutionnel en RDC et donner une chance aux mécanismes diplomatiques de produire des résultats concrets. Au-delà des déclarations de soutien, l’enjeu reste celui de la traduction des engagements politiques en avancées sécuritaires durables, notamment pour les populations civiles exposées aux conséquences du conflit.
TE/Sf/APA





