Le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Salah Eddine Salmi, a appelé à renforcer la mobilisation de la société civile contre la concentration des pouvoirs, les atteintes aux libertés et la dégradation des services publics, lors de la marche organisée samedi 17 octobre dans la capitale.
Le responsable syndical a également annoncé la volonté de pérenniser la coordination des organisations mobilisées, au-delà de cette manifestation.
« La Tunisie vous appelle aujourd’hui », a lancé Salah Eddine Salmi devant les manifestants, appelant à « unifier les rangs » pour défendre les droits, les libertés et les intérêts du pays. Selon lui, le cadre de coordination réunissant des organisations syndicales, civiles, professionnelles et de défense des droits humains ne doit pas se limiter à une mobilisation ponctuelle. Il entend l’élargir aux forces nationales et aux compétences susceptibles de contribuer à une alternative politique et sociale.
Dans son réquisitoire contre le fonctionnement des institutions, le dirigeant de l’UGTT a dénoncé la concentration des pouvoirs et l’exclusion des acteurs politiques et sociaux. Il a estimé que cette orientation ne permettait ni de résoudre les difficultés du pays ni de garantir la responsabilité des gouvernants.
« Le silence n’est plus acceptable », a-t-il affirmé, ajoutant que l’intimidation ne pouvait tenir lieu de politique et que l’exclusion ne constituait pas un mode de gouvernance viable.
Le fonctionnement de la justice a occupé une place centrale dans son intervention. Salah Eddine Salmi a accusé les procédures judiciaires d’être utilisées pour écarter des adversaires et dénoncé le recours à la détention préventive.
Il a également évoqué la vacance du Conseil supérieur de la magistrature, la concentration de ses prérogatives au ministère de la Justice et l’absence de mise en place de la Cour constitutionnelle. Ces déclarations traduisent les inquiétudes exprimées par la centrale syndicale sur l’indépendance des institutions et les garanties judiciaires.
Sur le front social, le secrétaire général a dressé un tableau préoccupant : érosion du pouvoir d’achat, chômage, pénuries de médicaments, endettement des hôpitaux et fragilisation des caisses sociales. Il a aussi alerté sur les difficultés de l’école publique et de l’université, la propagation des stupéfiants parmi les élèves et la dégradation de plusieurs services essentiels, notamment les transports, l’électricité, l’eau, l’énergie et les mines. L’UGTT relie ainsi les revendications démocratiques aux tensions économiques et aux difficultés quotidiennes des citoyens.
Enfin, Salah Eddine Salmi a défendu une conception de la souveraineté fondée sur le dialogue national, la transparence et le contrôle démocratique. Il a notamment appelé à rendre publics les accords touchant aux intérêts stratégiques de la Tunisie, en particulier ceux liés à la migration, et rejeté l’idée que le pays devienne le « gardien des frontières des autres ».
MK/AK/Sf/APA



