Le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a repris lundi ses activités publiques en recevant l’ambassadeur du Qatar à Bamako. Cette audience intervient cinq jours après que la Présidence avait présenté le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, comme Premier ministre par intérim, sans préciser les raisons de cette suppléance.
Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a reçu lundi 19 octobre à Bamako l’ambassadeur du Qatar, Ahmed bin Turki Al-Subaie, marquant son retour à une activité publique après plusieurs jours d’absence de la scène institutionnelle.
La Primature l’a présenté lundi sans ambiguïté comme « Premier ministre, Chef du Gouvernement ». Sa dernière activité publique recensée sur le site de l’institution remontait au 9 octobre, lorsqu’il avait participé à une activité du Mois de la solidarité à Bamako.
Le 14 octobre, lors de la remise des rapports 2024 et 2025 du Vérificateur général au chef de l’État, la Présidence avait en revanche mentionné la présence du « Premier ministre par intérim, ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances », Alousséni Sanou. Aucun communiqué distinct n’avait alors précisé la durée encore moins le motif de cet intérim.
Abdoulaye Maïga dirige le gouvernement malien depuis le 21 novembre 2024.
Coopération
L’audience de ce lundi a également porté sur les relations entre Bamako et Doha. Selon la Primature, les deux parties ont évoqué le renforcement des échanges économiques et commerciaux ainsi que le développement des investissements qataris au Mali. Le diplomate qatari a également condamné les attaques terroristes visant le pays, tandis qu’Abdoulaye Maïga a plaidé pour une coopération internationale accrue face aux menaces sécuritaires.
Ahmed bin Turki Al-Subaie est le nouvel ambassadeur résident du Qatar au Mali. Nommé en janvier par l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani, il a présenté ses lettres de créance au président Assimi Goïta le 16 avril dernier.
Sa prise de fonction intervient dans une période d’intensification des relations entre les deux pays. En février 2025, le Qatar Fund for Development (QFFD) avait conclu avec le ministère malien de l’Économie et des Finances un accord de prêt et de don de 50 millions de dollars, destiné à soutenir le budget malien et le financement de services publics dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la sécurité alimentaire.
Le Qatar avait auparavant participé à un programme destiné à favoriser l’accès à l’enseignement primaire de près de 596 600 enfants maliens non scolarisés, notamment dans les zones éloignées et parmi les communautés nomades, en partenariat avec Education Above All.
Les échanges diplomatiques se sont également renforcés en 2026. Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, et le ministre d’État qatari aux Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, se sont entretenus à deux reprises, en avril et en mai, sur la coopération bilatérale et la situation sécuritaire au Sahel. Doha avait alors réaffirmé son soutien au Mali face aux attaques armées.
Lors de la prise de contact avec le nouvel ambassadeur en mars, Bamako avait déjà identifié les investissements productifs et l’accroissement des échanges économiques et commerciaux comme des axes prioritaires de la relation avec le Qatar.
L’audience de lundi combine ainsi deux faits à savoir le retour du chef du gouvernement malien à ses activités publiques et la poursuite du dialogue avec Doha autour d’une coopération jusque-là principalement portée par l’aide au développement, mais que Bamako souhaite désormais élargir davantage aux investissements.
MD/te/APA





